Navigation et service

Deutsche Bundesbank (Lien vers la page d'accueil)

Francfort-sur-le-Main | 01.12.2016

Priorités de la présidence allemande du G20

L'Allemagne a pris la présidence du "Groupe des vingt" (G20) et l'assurera jusqu'à la fin du mois de novembre 2017. Ce groupement informel composé des 19 principaux pays industrialisés et émergents ainsi que de l'Union européenne est la plus importante instance de coopération informelle à l'échelle internationale. Parmi les tâches de la présidence figurent la définition des priorités et l'organisation des réunions du G20.

Trois piliers

L'agenda de la présidence allemande du G20 est axé autour de trois piliers : assurer la stabilité, améliorer la viabilité et assumer des responsabilités. Dans ce cadre, l'Allemagne a fixé trois priorités pour les discussions des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales :

  1. Renforcement de la capacité de résilience des économies,
  2. Conception de la numérisation,
  3. Promotion des investissements, notamment en Afrique.

L'Allemagne poursuivra en outre les travaux menés au cours de la présidence précédente assumée par la Chine. La promotion de forces de croissance innovatrices et la poursuite des travaux visant à renforcer l'architecture financière internationale figurent parmi les objectifs à atteindre. Ces points de l'agenda seront discutés non seulement lors des réunions des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales des pays du G20 ainsi que dans les groupes de travail du G20, mais aussi dans le cadre de conférences servant de forums pour des analyses de fond et l'échange entre scientifiques, hommes du terrain et organismes officiels.

Renforcer la capacité de résilience

Une des priorités de la présidence allemande consiste à renforcer la capacité de résilience des différentes économies et de l'économie mondiale dans son ensemble. Pour y parvenir, il convient notamment de mener une politique économique nationale axée sur le renforcement de la résilience aux crises et de créer un environnement réglementaire qui garantit le bon fonctionnement des marchés financiers ainsi que la stabilité des établissements financiers. La coopération au sein du G20 peut contribuer à relever ces défis.

Par ailleurs, des principes qui renforcent la résilience des économies nationales aux chocs tant sur le plan national qu'international devraient être définis également dans d'autres domaines. Dans ce contexte, un endettement public soutenable et transparent est considéré comme essentiel par la présidence allemande. Des interactions entre les dettes publiques et les dettes des ménages devraient être évitées. À l'agenda figurent en outre un renforcement de la coopération internationale dans le domaine fiscal ainsi que des discussions portant sur le renforcement de l'architecture financière internationale. Dans ce contexte, il convient de citer notamment la conception du filet de sécurité financière global et des instruments du FMI en matière d'aides financières ainsi que des règles concernant des mesures étatiques pour influencer la circulation des capitaux.

Concevoir la numérisation

Grâce à la numérisation, de nouvelles chances en matière de procédés innovateurs et de modèles commerciaux – souvent décrits par le terme "Fintech" – s'ouvrent également au secteur financier. Sous le thème de la "conception de la numérisation", la présidence allemande du G20 compte étudier le potentiel de cette évolution. Il s'agit par exemple de la question de savoir comment de telles innovations facilitent la participation à des services financiers, mais aussi de leurs effets éventuels sur la stabilité financière. Un objectif de la présidence allemande du G20 consiste à effectuer des premiers pas vers un environnement réglementaire sécurisé, dans lequel les nouvelles possibilités numériques peuvent être pleinement exploitées, sans perdre de vue les risques potentiels en ce qui concerne des systèmes financiers stables.

Promouvoir les investissements

À l'agenda de la présidence allemande du G20 est également inscrit le thème d'un partenariat approfondi avec l'Afrique. Dans ce cadre, le G20 étudie les chances pour une croissance économique durable. Il s'agit de créer des conditions propices à des investissements privés en Afrique. Les transferts de fonds de travailleurs temporaires vers leur pays d'origine, les "remittances", doivent également jouer un rôle. Pour de nombreux pays en voie de développement, de tels transferts constituent une importante contribution à la demande sur le marché national. Le G20 étudie par conséquent la question de savoir comment de tels transferts peuvent être organisés de manière harmonieuse et efficace, sans affaiblir les normes en matière de lutte contre le blanchiment d'argent ou le financement du terrorisme.

Thèmes en suspens

Au-delà des priorités mentionnées, le G20 compte également poursuivre sous la présidence allemande des thèmes en suspens, qui ont déjà été traités sous la présidence chinoise du G20. Parmi ces thèmes, il convient de citer outre les discussions sur l'évolution de l'économie mondiale et des stratégies pour une croissance forte, durable et équitable, également le renforcement continu de l'architecture financière internationale et des filets de sécurité financière globaux ainsi que l'achèvement de différents projets de réglementation et l'élaboration d'un cadre de règles pour l'évaluation des effets des réformes réglementaires réalisées jusqu'à présent dans le secteur financier par le Conseil de stabilité financière. Dans le domaine des risques climatiques et du "financement vert" ("green finance"), l'accent sera mis sur l'analyse des risques pour les instruments financiers et les entités économiques ainsi que l'utilisation de données à des fins de gestion des risques. Une meilleure protection du secteur financier contre les risques de cyberattaques sera également étudiée. Un autre thème est l'initiative pour une suppression de lacunes de données. L'objectif de cette initiative est d'améliorer l'utilisation de micro-données disponibles par les États du G20 pour un large éventail de fins d'analyses. Il est par ailleurs prévu de promouvoir la création d'une base de données sur les instruments macroprudentiels mise à jour en permanence. Celle-ci devrait permettre d'analyser des effets de contagion transfrontaliers et de promouvoir l'échange sur de telles mesures.

Informations supplémentaires