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Francfort-sur-le-Main | 20.03.2017

Dombret : "Nous restons à la table des négociations"

Andreas Dombret, membre du Directoire de la Bundesbank, s'est prononcé en faveur de la poursuite des négociations avec les États-Unis sur la révision prévue des règles en matière de capital des banques ("Bâle III"). "Pour notre part, nous restons à la table des négociations et sommes prêts, à tout moment, à rechercher des points communs", a indiqué M. Dombret à l'occasion du symposium de la Bundesbank sur la surveillance bancaire à Francfort-sur-le-Main. Selon lui, ce n'est pas la vitesse qui compte, mais le résultat des négociations. "Si les États-Unis ne devaient pas introduire les nouvelles règles de Bâle III, nous ne les transposeront certainement pas unilatéralement en Europe", a-t-il ajouté. Un accord ne peut pas être obtenu à tout prix, mais doit représenter un compromis viable pour toutes les parties.

Pas d'obstacles trop élevés

Andreas Dombret, Deutsche Bundesbank [+] Andreas Dombret, Deutsche Bundesbank M. Dombret a souligné qu'on pouvait, dans l'ensemble, être plus ou moins satisfait de l'état d'avancement actuel des négociations, en ajoutant qu'il existait toutefois encore quelques points en suspens, comme la proposition d'un output floor, c'est-à-dire la marge de manœuvre en matière de besoins en capital pour les banques qui appliquent leurs propres modèles de risques au lieu de la procédure standard. Un seuil défini dans ce cadre doit empêcher de trop grandes fluctuations dans le calcul des besoins en capital.

Selon l'avis de M. Dombret, le montant d'un output floor devrait cependant être défini avec prudence, étant donné qu'un obstacle trop élevé génèrerait simplement de fausses incitations. En effet, les calculs modélisés sont, pour de bonnes raisons, établis de manière à ce que des risques plus importants nécessitent davantage de capital et inversement, a-t-il précisé. La Bundesbank va donc continuer de s'engager en faveur d'un output floor limité. M. Dombret a également attiré l'attention sur le fait qu'avec la limite supérieure d'endettement, à savoir le leverage ratio, il existait déjà une ligne de défense efficace. Cette exigence minimale supplémentaire en matière de fonds propres empêche, selon lui, que des modèles internes soient utilisés pour réduire les besoins en capital.

Se tourner vers l'avenir

En ce qui concerne les implications de Bâle III, M. Dombret a indiqué que les exigences étaient gérables pour la plupart des établissements allemands. Les exigences en matière de fonds propres augmenteront, pour la majorité des banques, en moyenne de moins de cinq pour cent. Notamment les caisses d'épargne et les banques coopératives ne sont que peu concernées ou profiteront même des nouvelles réglementations. "La panique que l'on pouvait parfois ressentir n'est donc plus appropriée", a déclaré M. Dombret. "Il est temps que les critiques, au lieu d'aller sur les barricades contre Bâle III, se tournent vers l'avenir."

Renforcer la résilience

Stefan Ingves, Sveriges Riksbank [+] Stefan Ingves, Sveriges Riksbank Stefan Ingves, gouverneur de la banque centrale de Suède et président du Comité de Bâle sur le contrôle bancaire, a lui aussi porté son regard sur l'avenir en se prononçant, à la même conférence, en faveur du projet de réforme. Selon lui, il existe certes encore des divergences entre les partenaires aux négociations, mais celles-ci ont nettement diminué et l'on travaille toujours à un accord – même si la conclusion des négociations prend davantage de temps qu'initialement prévu. M. Ingves a souligné qu'avec la réforme des accords de Bâle, il n'était pas question d'augmenter globalement les besoins en capital des banques. L'objectif est plutôt de renforcer la résilience des banques vis-à-vis des chocs financiers. "Cela ne signifie pas qu'aucune banque ne doit augmenter ses besoins en capital", a déclaré M. Ingves. "Mais d'un point de vue global, les effets de la réforme sont neutres", a-t-il poursuivi.

Pas de compromis à tout prix

Felix Hufeld, BaFin [+] Felix Hufeld, BaFin Dans sa conférence, Felix Hufeld, président de l'Office fédéral de surveillance des services financiers (BaFin), a mis l'accent sur l'importance de la sensibilité aux risques. La sensibilité aux risques signifie que le risque réel est mieux représenté dans les exigences en matière de fonds propres. Les modèles internes doivent par conséquent toujours être préconisés dans les cas où les banques disposent d'une avance notable en termes d'informations. M. Hufeld a souligné que l'on n'était pas prêt à abandonner de fait ce principe réglementaire. "Du point de vue de l'Allemagne, il ne pourra y avoir cette fois non plus un compromis à tout prix", a-t-il précisé et ainsi apporté son soutien à M. Dombret, membre du Directoire de la Bundesbank. M. Hufeld s'est néanmoins montré optimiste quant à un succès des négociations sur Bâle III. "Avec une bonne dose de pragmatisme, nous franchirons aussi, j'espère, les derniers mètres."

Andreas Dombret - Entretien avec Bloomberg

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