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Washington, D.C. | 25.04.2017

Réunion des ministres des Finances et des gouverneurs de banque centrale du G20 en marge de la réunion de printemps du FMI

Les ministres des Finances et les gouverneurs de banque centrale du G20 ont poursuivi leurs discussions sur des thèmes centraux de la présidence allemande du G20 à Washington en marge de la réunion de printemps du FMI. Lors d'une conférence de presse tenue conjointement avec le ministre fédéral des Finances, Wolfgang Schäuble, à l'issue des débats, le président de la Deutsche Bundesbank, Jens Weidmann, a présenté les progrès majeurs réalisés.

Réunion des ministres des Finances et des gouverneurs de banque centrale du G20 en marge de la réunion de printemps du FMI

M. Weidmann a notamment mentionné l'évolution favorable de la conjoncture dans les pays industrialisés et les principaux pays émergents. Il a indiqué que, récemment, le Fonds monétaire international avait légèrement revu à la hausse ses prévisions pour la croissance économique mondiale en 2017, qui devrait s'élever à 3,5 %. Il a toutefois rappelé que ces perspectives économiques favorables étaient formulées sous réserves. Il existe ainsi selon lui une série de risques à la baisse liés à des tensions géopolitiques, une crainte accrue de conflits commerciaux ou d'autres événements politiques, comme les questions concernant les relations futures entre le Royaume-Uni et l'Union européenne.

Engagement en faveur de réformes structurelles

"Dans cette perspective, les ministres des Finances et les gouverneurs de banque centrale ont convenu de renforcer leurs efforts pour parvenir à une croissance forte, durable, équilibrée et inclusive", a déclaré M. Weidmann, en ajoutant qu'à cette occasion, ils avaient aussi confirmé leur engagement en faveur de réformes structurelles. Il a en outre indiqué que selon un rapport de l'OCDE, le rythme des réformes avait diminué au cours des dernières années, ce qui finalement réduisait les perspectives de croissance.

Outre le manque de réformes structurelles, c'est l'augmentation des inégalités observable dans de nombreux pays qui, à son avis, pèse sur la croissance potentielle, ce qui explique pourquoi l'accent est mis sur une croissance inclusive. M. Weidmann voit par ailleurs le danger que plus les inégalités augmentent, plus les citoyens sont déçus des marchés ouverts. "Je suis persuadé que même après la présidence allemande, le thème d'une croissance inclusive continuera à figurer en haut de l'agenda du G20", a affirmé M. Weidmann.

Évaluation des réformes du marché financier

Les ministres des Finances et les gouverneurs de banque centrale du G20 se sont également penchés à Washington sur la question de la réglementation du marché financier. M. Weidmann a attiré l'attention sur le fait que le Conseil de stabilité financière a récemment présenté ses propositions pour un cadre commun permettant d'évaluer la mise en œuvre des réformes dans le domaine de la réglementation du marché financier et a engagé une consultation publique, qui devrait être achevée d'ici au sommet des chefs d'État et de gouvernement des pays du G20 à Hambourg.

Un autre thème débattu à Washington était celui de la "finance verte", donc de la prise en compte des conséquences climatologiques par le secteur financier. Selon M. Weidmann, il régnait parmi les participants un "large consensus sur l'importance du sujet", et la décision de soutenir les travaux dans ce domaine avait été prise "presque à l'unanimité". Il a ajouté que les ministres et gouverneurs s'étaient félicités d'un rapport succinct du "Green Finance Study Group", dans lequel étaient présentées des options pour la promotion d'analyses du risque environnemental dans le secteur financier. L'objectif de cet élément de travail est d'améliorer la capacité du système financier à mobiliser des capitaux privés pour des investissements "verts" et durables. Les projets d'une task force pour une publication volontaire des risques financiers liés au climat dirigée par l'industrie ont également obtenu le soutien des participants. "Nous encourageons d'importantes entreprises cotées en Bourse à adopter ces recommandations sur une base volontaire", a déclaré M. Weidmann.

Éducation et inclusion financières

Selon M. Weidmann, les ministres des Finances et les gouverneurs de banque centrale du G20 ont également progressé en ce qui concerne le thème de l'éducation et de l'inclusion financière dans un monde numérique. D'après un rapport de l'OCDE, de nombreux pays poursuivent déjà des stratégies nationales afin d'améliorer l'éducation financière. "Bon nombre d'acteurs négligent toutefois les médias numériques, ce qui est une opportunité manquée", a indiqué M. Weidmann. Somme toute, les médias numériques permettent à beaucoup de personnes d'accéder aux services financiers. "Je pense qu'il est juste que les États membres du G20 attachent davantage d'importance à l'éducation financière et développent des programmes nationaux à partir d'une base commune", a souligné M. Weidmann.

Développement de l'ordre économique mondial

Dans son résumé des résultats atteints à Washington, le président de la Bundesbank a également abordé la question de l'ordre économique mondial. Il a rappelé que lors de la réunion des ministres des Finances et des gouverneurs de banque centrale à Baden-Baden, on était convenu que le système actuel de l'ordre économique mondial devait être développé davantage afin de pouvoir répondre aux défis croissants et futurs. Il est maintenant prévu de créer à cette fin un groupe de travail composé de personnalités importantes. La présidence sera assumée par le vice-premier ministre de Singapour, Tharman Shanmugaratnam.

"Le groupe sera chargé d'examiner des questions majeures liées à l'ordre financier et économique mondial et de se concentrer, dans ce contexte, sur le travail des établissements financiers internationaux", a expliqué M. Weidmann. "Le G20 joue un rôle de premier plan pour faire avancer les débats sur ce thème important", a-t-il souligné.

Le G20 est la meilleure enceinte

Dans son allocution, le ministre fédéral des Finances, Wolfgang Schäuble, a non seulement parlé des prévisions de croissance, mais a aussi mentionné l'initiative du G20 "Compact with Africa". Il s'agit là "d'un bon exemple qui montre que la coopération multilatérale fonctionne toujours plutôt bien, malgré les chants du cygne que nous entendons parfois ces jours", a-t-il indiqué. "Sans coopération, il n'y a pas de possibilité de résoudre les problèmes, qu'ils soient de nature politique ou économique", a affirmé M. Schäuble. "Le G20 est toujours la meilleure enceinte que nous avons pour cela", a-t-il ajouté.

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