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Francfort-sur-le-Main | 02.05.2017

Le changement démographique pourrait affaiblir la croissance économique

La population en Allemagne vieillira au cours des prochaines années et diminuera, à terme, considérablement. Ce phénomène aura également un impact sur le marché du travail. Ainsi, le nombre de personnes en âge de travailler entre 15 et 74 ans reculera de presque 2,5 millions d’ici à l’an 2025. C’est ce qui ressort d’une projection parue dans le Rapport mensuel d’avril de la Bundesbank. "Le recul des ressources en main-d'œuvre dû à l’évolution démographique va, à terme, s’accélérer", écrivent les experts de la Bundesbank. En même temps, la proportion des personnes appartenant à la tranche d’âge des 55 à 74 ans augmentera de 7 points de pourcentage à environ 40 %.

Par rapport à des pronostics de la Bundesbank établis en 2012, la période de prévision a maintenant été étendue de cinq ans jusqu’en 2025. Les pronostics ont été effectués sur la base des calculs prévisionnels actuels sur l’évolution démographique réalisés par l’Office fédéral de la statistique. Ces chiffres ont été complétés par les propres estimations de la Bundesbank sur l’immigration prévue dans les prochaines années.

La croissance pourrait enregistrer un net recul d’ici à 2025

Dans le scénario de base, la population active potentielle, c’est-à-dire les ressources en main-d'œuvre disponibles dans le pays à moyen terme, s’établira en 2025 à peu près au même niveau qu’en 2016. Jusqu’en 2021, la population active potentielle devrait tout d’abord encore augmenter, pour ensuite enregistrer un net recul en raison du départ à la retraite de la génération des "baby-boomer". "Il ne faudra donc pas s’attendre dans les prochaines années à une évolution constante de la population active potentielle", peut-on lire dans le Rapport mensuel.

L’évolution démographique aura également un effet sur les tendances de croissance économique en Allemagne. Les économistes de la Bundesbank estiment que dans les années à venir, le potentiel de production de l’économie allemande devrait nettement moins augmenter qu’aujourd’hui. Dans la moyenne des années 2011 à 2016, le potentiel de croissance était de presque 1,25 %. Entre 2021 et 2025, il pourrait baisser selon les prévisions à environ 0,75 % par an en moyenne. Cela est principalement dû au recul du volume de travail, c’est-à-dire du travail fourni par l’ensemble des actifs occupés, en raison de l’évolution démographique.

L’immigration ne peut pas arrêter le recul de l’offre de travail

Deux facteurs agissent jusqu’à présent contre le recul prévu de l’offre de travail. D’une part, la participation des personnes plus âgées au marché du travail a augmenté au cours des dernières années. Ce phénomène se poursuivra également dans les années à venir, estiment les économistes de la Bundesbank. Selon les auteurs, l’activation de la main-d'œuvre au niveau national devrait malgré cela toucher à ses limites. D’autre part, la forte immigration actuelle freine la tendance démographique.

Pour l’année 2016, la Bundesbank s’attend à un excédent migratoire d’environ 500.000 personnes. Selon les prévisions, cet excédent diminuerait jusqu’en 2025 à 200.000 personnes par an. Ainsi, près de 2,5 millions de personnes viendraient s’établir en Allemagne, ce qui ferait accroître la population active potentielle d’un peu moins de 2 millions de personnes. Ces prévisions sont toutefois soumises à de grandes incertitudes. "Si l’immigration ne se limite qu’à la moitié du chiffre prévu dans la ligne de base, le recul de la population active potentielle interviendra déjà en 2020. Au total, le marché du travail disposerait jusqu’en 2025 d’environ un million d’actifs en moins", peut-on lire dans le Rapport. Même dans le scénario d’une immigration plus forte, la tendance démographique ne pourra pas être enrayée. Dans ce cas, le recul de l’offre de travail interviendrait seulement plus tard, à savoir en 2023.

La démographie freine la productivité du travail

Mais le changement démographique n’influe pas uniquement sur le volume de travail, mais aussi sur sa productivité. À brève échéance, la productivité d’une société vieillissante pourrait être renforcée par exemple par le fait que les actifs plus âgés, dont la part parmi la population active augmentera au cours des années à venir, sont plus productifs que les actifs plus jeunes. À moyen et long terme, le changement démographique devrait, selon les estimations de la Bundesbank, quand même plutôt freiner la croissance de la productivité. Cela est dû, selon elle, au fait qu'en règle générale, la productivité du travail des actifs plus âgés n’augmente guère. Par ailleurs, les auteurs font remarquer que dans une société vieillissante, des services tels que les soins aux personnes âgées, gagnent en importance par rapport à la production de biens. "Étant donné que la productivité des prestataires de services est généralement inférieure à celle du secteur de la production, des économies vieillissantes pourraient enregistrer, du moins pendant le processus de transition démographique, une croissance de productivité plus faible de l’économie", affirment les auteurs.

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