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Francfort-sur-le-Main | 27.06.2017

"Les banques centrales doivent faire preuve de fermeté"

Le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, a déclaré qu'à son avis, il était temps d'envisager la sortie de la politique monétaire actuelle très expansive. Une condition était toutefois que l'évolution conjoncturelle favorable et l'inflation continuaient de progresser comme prévu. "Les citoyens doivent pouvoir compter sur le fait que le Conseil des gouverneurs de la BCE mettra rapidement fin à la politique monétaire expansive dès lors que cela sera nécessaire du point de vue de la stabilité des prix", a indiqué M. Weidmann dans une interview accordée au journal dominical Welt am Sonntag.

Il a ajouté que les banquiers centraux de la zone euro prévoyaient unanimement qu'avec le temps, l'inflation dans la zone euro repartirait à la hausse. "Par ailleurs, le Conseil est unanimement d'avis que le scénario catastrophe d'une déflation a maintenant disparu", a déclaré le président de la Bundesbank. Selon lui, ce sont des conditions essentielles sur le chemin d'un retour à la normale de la politique monétaire. "Toutefois, les signes pour un revirement durable de la situation en matière d'inflation sont actuellement encore modérés", a-t-il poursuivi. Selon lui, il y a consensus sur le fait qu'une politique expansive est tout à fait appropriée. "Il existe néanmoins des divergences de point de vue quant à la question de l'étendue des mesures de politique monétaire et les instruments auxquels nous devons recourir", a déclaré M. Weidmann. Dans le passé, le président de la Bundesbank avait régulièrement critiqué les achats de titres d'emprunt d'État par l'Eurosystème.

Un risque de mélange entre politique monétaire et politique financière

M. Weidmann a averti que les banques centrales ne devaient pas devenir prisonnières des États ou des marchés et être submergées par de nombreux objectifs secondaires. Selon lui, aujourd'hui déjà, de plus en plus de revendications sont adressées aux banques centrales et il y a un risque de mélange entre la politique monétaire et la politique financière. "Cela peut avoir pour conséquence qu'une pression politique est exercée sur le Conseil des gouverneurs de la BCE dans le but de maintenir la politique monétaire expansionniste plus longtemps que cela ne serait approprié", a indiqué le président de la Bundesbank.

Il a précisé qu'il n'était pas inhabituel qu'une banque centrale soit confrontée à des vœux, mais ce qui comptait, c'était sa réaction. À son avis, les banquiers centraux de la zone euro doivent montrer clairement qu'ils sont uniquement guidés par des considérations de politique monétaire et que les ministres des Finances doivent s'accommoder d'une hausse des coûts de financement des budgets publics en cas de sortie d'une politique monétaire ultra-accommodante. "Les banques centrales doivent faire preuve de fermeté. Cela vaut depuis toujours et sera aussi valable à l'avenir", a déclaré M. Weidmann.

Scepticisme à l'égard d'un budget destiné à une régulation conjoncturelle

Dans l'interview, M. Weidmann s'est également prononcé au sujet de propositions de réformes, telles qu'un ministre européen des Finances ou un budget commun des pays de la zone euro. Selon lui, le cadre applicable de l'Union monétaire prévoit une large mesure de responsabilité nationale, des emprunts sous la propre responsabilité des pays ainsi que des règles budgétaires. "Si un ministre des Finances ou une autorité budgétaire renforce ce cadre, pourquoi pas ?", a-t-il indiqué.

En revanche, M. Weidmann s'est montré sceptique en ce qui concerne des propositions pour un budget commun destiné à une régulation ou à une redistribution conjoncturelle. "Je ne soutiendrais pas l'idée d'un nouveau budget avec de nouvelles possibilités de s'endetter – cette fois-ci au niveau européen", a affirmé le président de la Bundesbank.

Une France forte est également dans l'intérêt de l'Allemagne

En ce qui concerne le nouveau président français, Emmanuel Macron, M. Weidmann a déclaré qu'il s'agissait d'un ami et partenaire important, mais qui n'avait pas besoin de cadeaux. "Une France forte est aussi de notre intérêt et de celui de l'Europe", a ajouté le président de la Bundesbank. La France et l'Allemagne devaient, chacune pour soi, faire progresser leur propre économie au moyen d'une politique intelligente. "Pour que l'Union monétaire fonctionne, il est cependant important que les divergences économiques qui séparent les États membres sur le plan économique ne s'accentuent pas trop et que les États enregistrent tous une croissance durable", a-t-il précisé.

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