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Francfort-sur-le-Main | 24.07.2017

L'environnement de faibles taux d'intérêt soulage les budgets publics dans la zone euro

Le très faible niveau des taux d'intérêt a considérablement allégé la charge sur les budgets publics dans les pays de la zone euro au cours des dernières années, constatent les économistes de la Bundesbank dans leur rapport mensuel de juillet. Les ratios d'endettement ont, pour la plupart des États, fortement progressé durant la crise économique et financière. Les conditions de financement avantageuses, également soutenues par les importants achats d'emprunts d'État de l'Eurosystème, ont toutefois abouti à faire reculer la charge d'intérêts dans la plupart des États membres.

Si les taux d'intérêt moyens étaient restés à leur niveau d'avant la crise, le montant des intérêts de la dette aurait été plus élevé de l'équivalent de 2 % du produit intérieur brut (PIB) l'an dernier dans la zone euro. Selon le rapport mensuel, le montant des économies depuis l'année 2008 a ainsi représenté presque un billion d'euros, ou près de 9 % de la performance économique de la zone euro. Cette évolution a très largement soutenu le recul des déficits publics, et elle se poursuit : "Le coût de financement, le taux d'intérêt moyen de la dette publique et les charges d'intérêts de l'État par rapport au PIB se situent actuellement, dans la plupart des pays, à leur niveau le plus bas depuis la création de l'union monétaire", écrivent les experts de la Bundesbank.

L'État fédéral, les Länder et les communes en profitent

L'Allemagne aussi a mathématiquement profité du recul des taux d'intérêt moyens sur la dette publique : "Par rapport au niveau d'avant la crise en 2007, les charges d'intérêts ont été divisées par deux", peut-on lire dans le rapport. Tandis que le taux d'intérêt moyen était d'environ 4 pour cent en 2007, il n'était plus que de 2 pour cent à peine en 2016. Rien que sur l'an dernier, l'économie publique globale réalisée sur la base du montant de la dette actuelle est de 47 milliards d'euros, soit 1,5 pour cent du PIB allemand. De manière cumulée, la diminution de la charge d'intérêts est d'environ 240 milliards d'euros depuis 2007. Selon le rapport, l'État fédéral mais aussi en particulier les Länder et communes fortement endettés bénéficient de cet allègement. Ils ont économisé 17 milliards d'euros en 2016 par rapport au taux d'intérêt moyen de l'année 2007. "Le fort allègement a ainsi nettement soutenu la consolidation des finances régionales et locales", expliquent les experts.

Fortes économies également dans les autres pays de la zone euro

L'environnement de bas taux d'intérêts a également entraîné des conditions de financement avantageuses pour les autres pays de la zone euro. Dans certains pays de la zone euro, le taux d'intérêt moyen et les ratios de charge d'intérêts y ont reculé de manière encore plus importante qu'en Allemagne depuis la création de l'union monétaire. Après la hausse considérable des primes de risque pour certains pays durant la crise, les conditions de financement dans les États membres se sont de nouveau rapprochées, même si l'on constate toujours des primes de risque pour les pays très endettés tels que l'Italie, le Portugal ou l'Espagne. "Le taux d'intérêt moyen pour les emprunts publics y est d'environ 3 pour cent, dans le haut de la fourchette, tandis que l'Allemagne, la Finlande, la France et les Pays-Bas sont dans le bas de la fourchette autour de 2 pour cent", peut-on lire dans le rapport mensuel.

Par rapport au taux d'intérêt moyen d'avant la crise en 2007, l'Italie a réalisé en 2016 des économies équivalentes à 2,5 pour cent du PIB. En valeur cumulée de 2008 à 2016, ce sont 10,5 pour cent. La Grèce, qui se trouve toujours sous un programme d'assistance, a réalisé des économies encore plus élevées. "On constate aux Pays-Bas, en Autriche, en France et en Belgique de forts allègements, comme en Italie. Ces pays ont des dettes plus faibles mais affichent un recul plus marqué des taux d'intérêt moyens", écrivent les experts de la Bundesbank. En comparaison, l'Allemagne a fait de moindres économies et se situe dans le milieu du tableau des pays concernés.

Ne pas se reposer sur des conditions de financement extrêmement favorables

Les faibles taux d'intérêt soulagent certes les budgets courants, reconnait le rapport mensuel. Ils entraînent directement un recul des déficits et rendent les niveaux d'endettement plus supportables. Dans l'ensemble, on constate toutefois un affaiblissement concomitant de la dynamique économique. "Depuis une vingtaine d'années, on observe souvent un recul sensible des mouvements de croissance réelle, et l'inflation a aussi été plus faible à la suite de la crise", peut-on lire dans le rapport.

Les experts de la Bundesbank tablent donc sur la poursuite du soulagement des budgets publics en raison des taux d'intérêt très avantageux. Ils écrivent qu'il "serait toutefois problématique de bâtir une politique financière sur l’hypothèse du maintien à long terme des conditions de financement extrêmement avantageuses des dettes publiques élevées". Il est surtout important de poser rapidement les finances publiques sur une base solide. Le pacte de stabilité et de croissance prévoit, pour le moins, des budgets structurellement en équilibre. Selon les experts de la Bundesbank, ceci devrait être réalisé au plus vite afin de réduire à nouveau sensiblement les ratios d'endettement, sans quoi les finances publiques resteront fragiles : "Le risque croît d'un retournement des taux qui saperait la confiance dans la viabilité des finances publiques de certains pays, mettant alors la politique monétaire sous pression pour y apporter une réponse appropriée", précise le rapport mensuel.