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Discours
Dr. Andreas Dombret Membre du directoire de la Deutsche Bundesbank

Sommes-nous à la traîne ? Le rôle des risques climatiques dans la gestion de risque des banques

Discours à la National University of Singapore

Singapur | 02.10.2017

1 Introduction

Mesdames, Messieurs,

Lorsque j'ai raconté à un de mes collègues que j'allais me rendre à Singapour pour y tenir un discours sur le changement climatique, celui-ci m'a parlé de sa visite du zoo de Singapour il y a quelques années. Il participa à l'époque au célèbre safari de nuit organisé par le zoo et a assisté à l'un des spectacles.

À sa surprise, le spectacle ne concernait pas tant des animaux nocturnes dans leur habitat naturel, mais la star du spectacle était plutôt une petite belette très minutieuse qui, sur ordre, triait des déchets dans différents conteneurs. Elle était capable de distinguer entre des bouteilles en plastique, des boîtes en aluminium et d'autres objets sans commettre la moindre erreur.

Vers la fin du spectacle, le présentateur aurait expliqué au public comment des produits jetables en plastique étaient fabriqués à partir de combustibles fossiles limités et que l'action de brûler des déchets en plastique, au lieu de les recycler, relâchait des gaz à effet de serre qui contribuent au changement climatique. Et, à la grande surprise de mon collègue, tout le public se mit à entonner le slogan "réduit, réutilise, recycle" à la fin du spectacle.

J'ai retenu deux choses de cette histoire: d'abord que je devrais probablement participer à ce safari de nuit afin d'admirer moi-même cette belette si bien entraînée, et ensuite, elle m'a rappelé à quel point le changement climatique s'est introduit dans notre vie quotidienne.

2 Les nombreux effets du changement climatique

Il y a de bonnes raisons pour cela. Les émissions de gaz à effet de serre constituent sans doute le plus grand effet externe de notre époque. Les scientifiques s'accordent à dire que les émissions sont excessives et que les niveaux de concentration dans l'atmosphère sont supérieurs à la capacité d'absorption de notre écosystème. La conséquence: le changement climatique.

Nous savons depuis longtemps déjà que le changement climatique affecte chacun et tous les domaines de notre vie: notre niveau de vie, les flux migratoires, les évolutions technologiques, l'économie.

Mais la discussion sur la manière dont il affecte le secteur financier est relativement récente. L'année 2015 peut être considérée comme un point de départ. C'était en effet l'année où la présidence chinoise du G20 a placé la "finance verte" à l'ordre du jour. La présidence allemande du G20 a ensuite repris ce thème. Au cours de la même année a été conclu l'Accord de Paris sur le climat. J'y reviendrai plus tard. Dernier point, mais non le moindre, le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mark Carney, a tenu un discours à Londres qui a par la suite axé le débat.

Dans quelle mesure avons-nous progressé depuis dans notre compréhension de la manière dont le changement climatique affecte le secteur financier ?

3 Le débat sur la finance verte et les risques climatiques

Un terme clé dans ce débat – qui est toutefois pas toujours employé de manière cohérente – est celui de la "finance verte". Sous son égide sont discutés de nombreux aspects sur la manière dont le changement climatique affecte finalement le secteur financier. Au sens étroit du terme, la finance verte porte sur la question de savoir comment le secteur financier peut, d'une façon générale, contribuer à atténuer les effets du changement climatique et promouvoir des développements écologiquement durables – par exemple en orientant des flux de capitaux vers des technologies vertes.

Un second aspect qui intervient parfois dans le débat autour de la finance verte concerne les risques que le changement climatique peut entraîner pour le secteur financier ainsi que la question de savoir de quelle manière les établissements financiers doivent s'adapter s'ils ne veulent pas succomber à ces risques.

C'est sur ce second aspect que je mettrai l'accent aujourd'hui. Je vais analyser le point de vue du risque. La question que je pose est la suivante: sous-estimons-nous les risques financiers liés au changement climatique et à la transition vers une économie verte ?

Ma réponse est: oui, certainement. Mais je vous demanderai un peu de patience, je vais essayer de vous apporter quelques précisions.

4 Les spécificités des risques climatiques

Alors, comment le changement climatique affecte-t-il potentiellement le secteur financier ? Une fois que vous avez commencé à regarder de près cette question, vous constatez qu'il y a une multitude d'effets possibles. Mais les effets les plus importants que j'ai détectés peuvent être catégorisés dans deux canaux principaux.

4.1 Le premier canal: les risques physiques

Le premier canal est le plus direct et concerne l'ensemble des risques physiques liés aux événements météorologiques extrêmes ou aux changements climatiques. Les inondations et tempêtes violentes peuvent causer des dommages sévères à des biens physiques privés et publics.

Prenons l'exemple de la saison des ouragans dans l'Atlantique actuellement en cours. Il s'agit de l'une des pires depuis des années d'après diverses mesures météorologiques. Il en va de même pour les coûts estimés. Des évaluations préliminaires établies par des agences de notation et des réassureurs estiment que les coûts s'élèvent à des centaines de milliards de dollars américains. Rien que l'ouragan Harvey pourrait nécessiter jusqu'à 180 milliards de dollars, ce qui le rendrait plus cher que l'ouragan Katrina en 2005 qui, selon les estimations officielles, a coûté 160 milliards de dollars ramenés à la valeur d'aujourd'hui.

D'autres événements, tels que des sécheresses ou d'autres changements climatiques régionaux plus permanents peuvent avoir un effet dévastateur sur les récoltes et réduire la productivité du secteur agricole et des industries connexes.

Il est donc évident que des événements météorologiques extrêmes ou des changements des conditions climatiques peuvent entraîner des pertes significatives tant pour le secteur public que le secteur privé.

Et le secteur financier est lui aussi exposé à de telles pertes. Si les pertes sont assurées, le secteur des assurances est également exposé. Si les pertes ne sont pas assurées, ce sont des banques et d'autres établissements financiers qui sont exposés. Par exemple, il devient plus probable que les ménages fassent défaut sur leurs prêts et hypothèques alors que les garanties qu'ils ont fournies ne sont plus disponibles pour couvrir ces pertes. Les risques de crédit pour les banques peuvent aussi augmenter vis-à-vis d'entreprises qui sont confrontées à une réduction de leur rentabilité et à une détérioration de leur bilan.

Des répercussions économiques plus larges, telles qu'une rupture de chaînes logistiques locales ou mondiales ainsi qu'un recul de la productivité peuvent entraîner des coûts supplémentaires significatifs et éroder la valeur des placements détenus par des établissements financiers. Dernièrement, un impact sur l'activité économique aura tendance à aggraver la situation budgétaire des États et finalement faire grimper le risque de défaillance de l'État.

Selon les données rassemblées par la Banque d'Angleterre, la moyenne des pertes annuelles dues aux conditions météorologiques a presque triplé à l'échelle mondiale au cours des 30 dernières années. En même temps, la proportion des pertes non assurées a augmenté. Si, comme prévu, les événements climatiques extrêmes deviennent plus fréquents et plus coûteux, l'assurabilité de tels risques sera mise en question, ce qui élargira l'écart en matière de protection.

Il s'agit là d'une évolution importante. Comme nous venons de le voir, les risques non assurables sont toujours, par nature, des risques pour la stabilité financière. Les banques et autres établissements financiers doivent en être conscients.

La prise de conscience des effets potentiellement dévastateurs d'événements climatiques extrêmes – non seulement pour l'économie, mais aussi pour l'humanité et la nature dans leur ensemble – a augmenté. Et la communauté mondiale a commencé à réagir. Afin de diminuer les effets du changement climatique, près de 200 pays ont adopté en décembre 2015 à Paris l'Accord sur le climat qui est entré en vigueur par la suite. Ils sont convenus, je cite, de "maintenir la hausse de la température mondiale moyenne nettement en dessous de 2° C par rapport au niveau de l'ère préindustrielle et de poursuivre les efforts en vue de limiter la hausse de la température à 1,5° C."

L'atteinte de cet objectif est d'une importance capitale et requerra d'énormes efforts de la part de tous les pays. C'est pourquoi la position actuelle du gouvernement des États-Unis à l'égard de l'accord m'inquiète. Mais en même temps, des gouvernements à travers le monde entier ont fait part de leur solide engagement à honorer cet accord ambitieux. Si leurs efforts sont couronnés de succès, cela réduira – selon les meilleures preuves scientifiques disponibles – les risques physiques de manière significative.

Mais cela fait également apparaître un autre type de risque, à savoir les risques de transition qui constituent le deuxième thème dont je souhaiterais parler.

4.2 Le second canal: les risques de transition

Cela devrait être considéré comme un fait que l'objectif des 2 degrés fixé dans l'accord de Paris ne peut être atteint que si les économies à travers le monde sont transformées en économies vertes à faibles émissions de carbone. Réaliser cette transition nécessitera des avancées technologiques potentiellement perturbatrices tout comme des changements de grande envergure en matière de politique climatique.

Une telle transition va sans aucun doute inciter les marchés à réévaluer la valeur d'une vaste gamme de biens. En fonction de la rapidité et de la manière ordonnée dont se feront cette transition et la réévaluation des prix y liée, ces évolutions pourraient également s'avérer hautement pertinentes pour la stabilité des établissements financiers.

Pour illustrer un effet de transition particulier, je vous invite à jeter un coup d'œil sur le "budget carbone". Pour atteindre l'objectif fixé dans l'accord de Paris, il sera impératif de limiter les émissions de carbone mondiales. Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat estime que pour atteindre l'objectif des 2° C avec une probabilité de tout juste 50 %, la quantité maximale d'émissions supplémentaires de carbone au cours de ce siècle devra rester en dessous d'à peu près 1.100 gigatonnes de CO2. Pour augmenter la probabilité d'atteinte de l'objectif, les budgets carbone correspondants devront être inférieurs à ce montant.

Toutefois, la quantité totale de carbone contenue dans l'ensemble des réserves de combustibles fossiles connus est estimée à près de 2 800 gigatonnes. Cela signifie que, pour atteindre l'objectif des 2° C avec une probabilité raisonnable, environ deux tiers de toutes les réserves de charbon, de pétrole et de gaz connues devront rester sous terre. Mais la future exploitation de ces réserves constitue pour de nombreuses entreprises une part significative de leur valeur – en particulier, mais pas uniquement pour celles engagées dans leur extraction et raffinage. Selon le Fonds mondial pour la nature, les entreprises liées au secteur des combustibles fossiles portent à l'actif de leur bilan plus de la moitié de l'ensemble des réserves mondiales de combustibles fossiles. Si ces réserves ne peuvent pas être exploitées, les actifs correspondants perdent leur valeur et deviennent ce que l'on appelle des "actifs échoués" (stranded assets).

La décision de réellement limiter les émissions serait prise par les gouvernements au moyen de lois et de réglementations sur le climat. Et nous observons une nette tendance vers une intervention accrue des gouvernements. Il ressort de l'étude mondiale sur la législation relative aux changements climatiques (Global Climate Legislation Study) que depuis 1997, le nombre de lois et de mesures politiques en matière de changement climatique a doublé tous les 4 à 5 ans. Bien que le rythme s'est ralenti ces derniers temps, la tendance est claire.

Nous avons déjà constaté de fortes dévaluations dans le secteur des combustibles et de l'énergie fossiles. Un exemple souvent cité est celui des quatre principaux producteurs de charbon américains. Leur capitalisation boursière combinée s'est effondrée de plus de 90 % depuis 2010. En Allemagne, des sociétés énergétiques cotées ont également subi d'importantes dévaluations. Ces cas constituent des exemples des risques de transition dont je parle. Et ils montrent que les marchés peuvent réagir bien avant les faits.

Il est important de reconnaître que les risques de transition ne sont pas confinés aux entreprises œuvrant dans le domaine de la production des combustibles fossiles ou dans le secteur de l'énergie. D'autres secteurs, tels que les transports, la logistique, l'automobile, la chimie et l'industrie lourde, qui actuellement dépendent des combustibles fossiles ou sont de gros consommateurs d'énergie, pourraient eux aussi être touchés par les coûts de transformation. Mais ces effets de second ou de troisième tour sont extrêmement complexes et ne peuvent être quantifiés actuellement qu'en se basant sur des hypothèses tout aussi complexes.

L'exposition du secteur financier devient apparente lorsque, outre les investissements directs dans les industries concernées, nous tenons compte de la tendance des assureurs, fonds de pension et autres investisseurs d'aligner leurs portefeuilles sur des indices des marchés de capitaux qui contiennent souvent un grand nombre d'entreprises des industries susceptibles d'être touchées par la transition. Et tout comme nous l'avons vu dans le cas des risques physiques, les créanciers sont exposés en raison de la baisse de la valeur des sûretés fournies ou du risque que les modèles commerciaux de leurs emprunteurs autrefois profitables ne le soient plus. Par souci de justesse, il convient également de prendre en compte le risque que certains modèles commerciaux verts ne délivrent pas les bénéfices et retours financiers attendus par les investisseurs.

Plus la transition débute tôt et plus elle est prévisible, moins les risques de transition seront importants. La réalité toute simple est que plus les gouvernements attendront, plus ils devront agir plus tard pour atteindre leurs objectifs.

5 La marche à suivre

Nous avons identifié deux catégories de risques: les risques physiques directement liés au changement climatique et les risques de transition qui sont liés à la réaction des sociétés face à ces risques.

Au début de mon discours j'ai posé la question: sous-estimons-nous actuellement ces risques ? Je pense que oui: il y a une différence entre l'identification des risques, leur surveillance et leur gestion. Nous avons peut-être identifié les risques, mais nous ne savons pas à quel point ils seront significatifs. Cela doit changer et, dans le reste de mon discours, je voudrais aborder la manière dont cela pourrait se faire.

Pour de nombreuses raisons, comprendre les risques dont j'ai parlé constitue un défi en soi. Tout d'abord, les évolutions auxquelles nous faisons face s'étendent sur le long terme et leur résultat est incertain ; ensuite, les données historiques sont peu utiles pour établir un pronostic ; et finalement l'ensemble du processus sera fortement influencé par des décisions politiques, ce qui entraîne encore plus d'incertitude.

Un autre problème est que les analystes ne regardent en général pas au-delà d'un horizon de cinq ans. Ils se réfèrent à des expériences passées ainsi que des attentes pour une prévision portant sur une période plutôt courte. Cela signifie que des risques à long terme, non linéaires et non cycliques qui s'étendent au-delà de cette période ne sont éventuellement pas pris en compte. En d'autres termes, les horizons des acteurs du marché sont restreints.

Un des obstacles à une intégration d'évolutions à plus long terme dans les analyses est dû au manque de données à caractère prévisionnel fournies par les émetteurs. Les données sur les risques financiers liés au climat sont rares et souvent chaotiques étant donné qu'il n'existe pas de cadre qui règle leur publication. En tant que premier pas ayant pour but de changer cette situation, un groupe de travail sous l'égide de l'industrie et établi par le Conseil de stabilité financière a récemment publié des recommandations en ce qui concerne des publications volontaires, cohérentes et comparables de tels risques par les entreprises. Cela constitue une première étape importante, dont le succès dépendra de la question de savoir si une masse critique d'entreprises suivra ces recommandations. Parallèlement, le G20 travaille sur une meilleure disponibilité de données environnementales publiques.

La prochaine étape consistera à améliorer les outils analytiques. Beaucoup de banques et d'investisseurs institutionnels doivent encore développer leur capacité à identifier et à quantifier les risques pouvant survenir lorsque des aspects environnementaux sont introduits dans l'évaluation de leurs actifs. La promotion du recours à une analyse des risques environnementaux dans le secteur financier est un des thèmes importants de l'actuelle présidence allemande du G20. Évidemment, il s'agit là en premier lieu d'une tâche qui incombe aux établissements financiers. Les banques doivent intégrer les risques climatiques dans leur propre gestion des risques – en particulier, mais pas uniquement, pour les projets de financement à long terme.

La Bundesbank et d'autres banques centrales sont en train d'améliorer leurs capacités d'analyse des risques climatiques. Mais je pense que le rôle des banques centrales peut aller plus loin. En tant que superviseurs bancaires qui sont en contact étroit avec les établissements financiers, nous pouvons encourager une prise de conscience des risques physiques et en particulier des risques de transition et assurer qu'ils sont pris au sérieux. Le cas échéant, nous allons également tenir compte des risques climatiques dans nos analyses de risques menées dans le cadre de notre activité de superviseur. Ainsi, par exemple, l'analyse des risques de portefeuille issus des risques physiques ou de transition – un concept connu sous le nom de "stress-tests carbone" – ne constitue jusqu'à présent qu'un sujet de niche. Je pense que cela doit changer.

De plus, les banques centrales peuvent contribuer à promouvoir les connaissances à ce sujet. Par exemple, la banque centrale des Pays-Bas a créé une plateforme des finances durables, qui a pour objectif de promouvoir et d'encourager le dialogue en matière de finances durables dans le secteur financier. Je m'attends à d'autres initiatives de ce genre dans un futur proche et je pense qu'elles pourront jouer un rôle important dans la promotion des connaissances correspondantes.

Une tâche importante pour les gouvernements consiste à orienter les entreprises et les marchés financiers en ce qui concerne des lois et réglementations prévues dans le domaine du climat. Si les gouvernements et les autorités attirent l'attention sur la transition économique à venir et agissent de manière prévisible, les entreprises et les marchés auront davantage de temps pour comprendre et s'adapter. Plus tôt ils commenceront à aligner leurs portefeuilles, plus vite des mauvaises affectations seront corrigées et les risques de transition seront réduits.

6 Conclusion

Mesdames, Messieurs,

Tout comme les niveaux de CO2 dans l'atmosphère, ceux dans cette salle sont également en train d'augmenter. Permettez-moi de résumer avant qu'ils n'atteignent un niveau critique.

Nous avons identifié deux catégories de risques pour le secteur financier que peuvent entraîner le changement climatique et notre réponse à ce changement, à savoir les risques physiques et les risques de transition. Et nous avons atteint une connaissance sommaire de la manière dont ils opèrent. Mais nous n'avons toutefois pas suffisamment compris à quel point ces risques sont matériels et si les établissements et les marchés financiers en tiennent compte de manière adéquate.

J'ai mentionné une série de mesures que je considère appropriées pour nous rapprocher de cet objectif. Mais il est clair que nous venons à peine de commencer nos travaux.

Le poète français Victor Hugo a dit un jour: "On résiste à l'invasion des armées; on ne résiste pas à l'invasion des idées." Je suis d'avis que la transition de l'économie et l'écologisation du secteur financier sont précisément de telles idées. Alors, mettons-nous à l'ouvrage.

 

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