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Hambourg | 06.02.2018

Weidmann: Le protectionnisme et le repli sur soi ne sont pas une solution

Le président de la Deutsche Bundesbank, Jens Weidmann, a mis en garde contre les effets négatifs du protectionnisme. "Il n’est pas rare que des mesures de restriction des échanges provoquent des réactions et revêtent le danger d’aboutir en des conflits commerciaux qui finalement ne connaissent que des perdants", a-t-il déclaré à l’occasion de la remise du prix journalistique Karl Klasen à Steven Erlanger, journaliste américain du New York Times, à Hambourg. Ce prix récompense des journalistes pour leurs efforts particuliers en faveur des relations germano-américaines. La fondation qui décerne ce prix a été établie en 1992 en hommage à l’ancien président de la Deutsche Bundesbank, Karl Klasen.

À titre d’exemple pour illustrer des mesures protectionnistes, il a cité la surtaxe récemment introduite par les États-Unis à l’encontre des producteurs d’installations photovoltaïques et de lave-linges. Ainsi, la surtaxe sur les installations photovoltaïques et leurs composants aurait pour conséquence un renchérissement de la production domestique, ce qui entraînerait à son tour un recul de la demande. Il en résulte également, par exemple, une baisse du nombre de techniciens nécessaires dans ce domaine et l’association américaine de l’énergie solaire s’attend donc à une perte d'emplois, a indiqué M. Weidmann.

Perdants de la mondialisation

Des marchés ouverts présentent certes, dans l’ensemble, un avantage, mais n’augmentent pas forcément, selon M. Weidmann, le bien-être de chaque individu. Parmi les perdants de la mondialisation figurent notamment les salariés moins qualifiés dans les pays industrialisés. Il y a donc un risque réel que la mondialisation soit de moins en moins acceptée. "Celui qui vient de perdre son emploi ne se laisse pas consoler par des smartphones bon marché", a expliqué M. Weidmann.

Malgré cela, le protectionnisme et le repli sur soi ne constituent pas, du point de vue du président de la Bundesbank, les réponses appropriées. La solution consisterait plutôt à permettre aux citoyens de profiter eux-mêmes de la mondialisation et du progrès technique. Une meilleure offre scolaire et universitaire ainsi que des marchés du travail et des produits plus flexibles pourraient y contribuer. "Je suis persuadé qu’une combinaison entre des marchés ouverts et des structures économiques plus favorables à la croissance génèrent des gains de productivité, davantage d’emplois et des hausses de revenus", a déclaré M. Weidmann.

Un excédent des transactions courantes adéquat

Dans son discours, M. Weidmann a de nouveau défendu l’excédent souvent critiqué des transactions courantes allemandes. Selon lui, celui-ci n’est pas le résultat d’une politique mercantiliste, mais est dû aux diverses décisions des entrepreneurs nationaux et étrangers. Une partie de l’excédent qui s’élève au total à 8 % du produit intérieur brut peut être expliquée par l’évolution démographique, le niveau peu élevé du prix du pétrole ainsi que par la politique monétaire accommodante, a déclaré M. Weidmann. Par ailleurs, l’épargne élevée des entreprises allemandes serait également frappante. Celle-ci refléterait en partie une activité d’investissement mitigée des entreprises allemandes qui ne serait repartie que l’année dernière.

"Un moyen de diminuer l’excédent des transactions courantes consiste donc à créer au niveau national un environnement favorable aux investissements, par exemple par une mise en œuvre rapide et prévisible de la transition énergétique ou le renforcement de l’infrastructure numérique", a proposé M. Weidmann. Une augmentation des dépenses publiques en faveur des infrastructures serait également envisageable. Dans ce cas, les besoins en investissements devraient toutefois être calculés avec précision et couverts de manière économique.

Le président de la Bundesbank s’est prononcé contre les revendications visant à financer des programmes de dépenses publiques par la dette. En une période déjà caractérisée par des capacités de production fortement utilisées, une telle mesure pourrait temporairement encore renforcer la demande.

L’union monétaire doit rester une union de la stabilité

En ce qui concerne le discours sur l’avenir de l’Union européenne, M. Weidmann a qualifié la nostalgie d’une vaste souveraineté nationale de "passablement passéiste". Néanmoins, le principe de subsidiarité ancré dans le traité sur l'Union européenne devrait être davantage pris en considération.

La monnaie unique est fortement approuvée, a souligné M. Weidmann en se référant à un sondage récent. Mais la construction de l’union monétaire demeure fragile, a-t-il ajouté. Cette fragilité n’est cependant pas imputable à une construction erronée de la monnaie unique en soi. "Il s’agit plutôt de l'interaction entre d’une part une politique monétaire homogène et d’autre part une souveraineté nationale en matière de politique économique et financière qui rend l’union monétaire vulnérable aux crises."

M. Weidmann a averti qu’il ne fallait pas réduire l’approfondissement de l’intégration européenne à une simple extension du partage des risques. Cela ne renforcerait pas la stabilité de l’Europe et de l’union monétaire. Il a demandé à ce que l’union monétaire reste une union de stabilité. "Si elle ne le reste pas, l’acceptabilité de la monnaie unique diminuera de plus en plus", a déclaré le président de la Bundesbank.

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