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Francfort-sur-le-Main | 28.03.2018

Weidmann : L’exemption de droits de douane américains n’est pas une victoire pour un commerce libre

Le président de la Deutsche Bundesbank, Jens Weidmann, a salué la décision des États-Unis d’Amérique d’exempter dans un premier temps l’Union européenne des droits de douane sur l’acier et l’aluminium récemment introduits. Selon lui, cette décision réduit le risque d’une aggravation de l’actuel conflit commercial, a déclaré M. Weidmann dans un discours tenu à Vienne. « Malgré tout, cela ne représente pas une victoire pour le libre commerce mondial », a-t-il ajouté, car les surtaxes par rapport à d’autres pays qui n’ont pas réussi à s’assurer un traitement préférentiel restent en vigueur.

M. Weidmann s’est prononcé en faveur d’un renforcement et d’un élargissement du système commercial multilatéral. « L’objectif doit être non seulement d’empêcher ou de réduire au minimum des nouvelles barrières commerciales, mais de supprimer les barrières existantes », a indiqué M. Weidmann. À l’occasion de cette manifestation, le gouverneur de la Banque centrale autrichienne, Ewald Nowotny, a décerné au président de la Bundesbank le grand insigne du mérite en or avec étoile de la République d'Autriche.

Le retour à la normale en matière de politique monétaire se rapproche

Compte tenu de la bonne situation économique actuelle dans la zone euro, M. Weidmann considère que les attentes des marchés, qui prévoient une première hausse des taux d’intérêt vers le milieu de l’année 2019, « ne sont pas entièrement irréalistes ». La pression sur les prix dans la zone euro est certes toujours modérée, mais les experts de la Banque centrale européenne prévoient dans leurs projections actuelles une hausse du taux d’inflation à 1,7 pour cent d’ici à 2020, a précisé M. Weidmann. Cette valeur est « dans l’ensemble compatible » avec la définition à moyen terme de la stabilité des prix, a-t-il ajouté. Dans ce contexte il n’est selon lui pas surprenant que les marchés financiers tablent depuis un certain temps déjà sur une fin des achats nets d’actifs avant la fin de l’année 2018.

Une union monétaire asymétrique serait vulnérable aux crises

Dans son discours, M. Weidmann s’est également prononcé au sujet du débat sur une réforme institutionnelle de l’Union monétaire. Il considère que ce serait une erreur de réduire le débat sur le cadre financier de l’UE à la question des contributions nettes au budget communautaire. « Il serait plus judicieux de tout d’abord examiner quelles compétences devraient à l’avenir être confiées à l’Union européenne, quelles compétences pourraient éventuellement être restituées aux États membres et dans quels domaines il serait possible de réaliser des économies », a-t-il poursuivi. Ce n’est qu’ensuite que l’on devrait décider du financement des tâches communautaires.

Selon l’avis de M. Weidmann, la zone euro est aujourd’hui dans une situation bien plus favorable qu’elle ne l’était en 2010. Aujourd’hui, la zone euro est mieux en mesure d’affronter des chocs qu’elle ne le fut lors de la crise grecque. « Cela ne signifie toutefois pas que l’Union monétaire est durablement résiliente aux crises », a mis en garde le président de la Bundesbank. Il a par conséquent salué le fait que le Président français, Emmanuel Macron, a apporté avec ses propositions de réformes une nouvelle dynamique dans le débat.

« Celui qui doit partager la responsabilité doit aussi pouvoir participer aux décisions »

Du point de vue de M. Weidmann, une communautarisation de risques résultant d’une responsabilité nationale serait un mauvais signal. Il conviendrait tout d’abord de parvenir à un net progrès en ce qui concerne la réduction des vieux risques, parmi lesquels figurent, selon M. Weidmann, les stocks de créances douteuses ainsi que les stocks de titres souverains dans les bilans des banques. « Tant que les activités nationales pourront largement influencer le bien-être des banques, il n’y aura guère de marge pour étendre la coresponsabilité des épargnants et des contribuables d’autres pays », a déclaré le président de la Bundesbank. Il sera possible de créer un cadre réglementaire stable dans lequel la politique monétaire pourra se concentrer sur son mandat, à savoir de maintenir la stabilité de la monnaie, uniquement si on parvient à préserver l’unité entre responsabilité et action. « Car à la longue, cela lui porte préjudice de toujours être obligée d’intervenir en tant que pompier en cas de crise » a précisé M. Weidmann.

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