Deux travailleurs d'une usine automobile

La période de haute conjoncture persiste malgré un fléchissement passager

La performance économique de l’Allemagne s’est légèrement contractée au cours de l’été 2018. Selon les indications de l’Office fédéral de la statistique, le produit intérieur brut (PIB) a régressé de 0,2 pour cent par rapport au deuxième trimestre. Cette baisse serait principalement due à un fort effet particulier temporaire dans l’industrie automobile, peut-on lire dans le récent Rapport mensuel de la Bundesbank. Lors de l'introduction d'un test harmonisé au niveau de l’UE pour mesurer les émissions de polluants sont apparus d’importants problèmes qui auraient entraîné des chutes de production à grande échelle. « Nonobstant ces influences particulières passagères, la phase de haute conjoncture en Allemagne persiste », écrivent les experts.

Nette baisse de la production automobile

En raison de la forte baisse de production dans l’industrie automobile, l’industrie manufacturière aurait considérablement contribué à la faible performance économique au cours du trimestre d’été, expliquent les experts de la Bundesbank. La production industrielle a enregistré en données corrigées des variations saisonnières un recul de 1,5 pour cent. Selon les calculs de la Bundesbank, cela pourrait avoir ralenti la croissance du PIB d’environ 0,4 point de pourcentage au cours du troisième trimestre, des effets négatifs sur d’autres secteurs par le truchement d’interdépendances au niveau de la production n’ayant pas été pris en compte. La production dans le secteur du bâtiment a augmenté plus lentement qu’au printemps, mais a toujours affiché une croissance sensible de 1,5 pour cent. Les prestations de services auraient elles aussi enregistré une faible hausse.

La consommation des ménages en recul

Les dépenses de consommation des ménages ont diminué au cours du troisième trimestre. Dans ce contexte, la forte hausse des prix de l'énergie devrait avoir eu un impact négatif sur l'appétit de consommation des ménages. Le commerce en détail a même subi une diminution de ses ventes par rapport au printemps. Notamment les ventes de textiles, de vêtements et de chaussures auraient fortement reculé. L’été extrêmement chaud et sec a été une des raisons de ce recul, peut-on lire dans le Rapport mensuel.

La nouvelle procédure de test pour mesurer les émissions de polluants semble avoir exercé un frein sur la distribution d’automobiles, étant donné qu’elle a entraîné des difficultés de livraison et une hausse de la taxe automobile. La discussion autour d’éventuelles interdictions de circuler pour des véhicules à forte émission de polluants pourrait également avoir inquiété les consommateurs et avoir eu pour conséquence un report des achats de véhicules, écrivent les experts. La forte baisse des ventes de véhicules sur le marché extérieur a également entraîné un recul des exportations.

La demande dépasse l’offre sur le marché du travail

Selon la Bundesbank, le marché du travail a connu une évolution positive au cours des mois d’été. L’emploi – notamment le nombre d’emplois avec obligation d'affiliation à la sécurité sociale – aurait poursuivi sa progression et le taux de chômage se serait réduit de 0,1 point de pourcentage à 5,1 pour cent. La forte demande est toutefois opposée à une offre de main d'œuvre qui croît plus lentement, mettent en garde les experts de la Bundesbank. Pour cette raison, l’immigration jouerait un rôle décisif. Selon les chiffres, le surplus de postes vacants en août 2018 par rapport à la même période de l’année précédente n’a pu être comblé qu’à un peu moins de la moitié par des personnes de nationalité allemande. « Cette pénurie a été comblée notamment par des personnes issues des pays d’Europe orientale membres de l’UE et des huit principaux pays d’origine des demandeurs d’asile», peut-on lire dans le Rapport mensuel. Étant donné que le flux de migrants diminue depuis un certain temps, la tension sur le marché du travail augmenterait. Pour les entreprises, il devient de plus en plus difficile de trouver une main-d'œuvre qualifiée, mettent en garde les experts.

Essor en fin d’année

Le taux d’inflation – mesuré par rapport à l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) – a augmenté au troisième trimestre de 1,9 pour cent à 2,1 pour cent par rapport à l’année précédente. Notamment l’énergie et les denrées alimentaires se sont renchéries. Si on ne tient pas compte de ces deux composantes et considère uniquement l’inflation sous-jacente, celle-ci est passée de 1,2 pour cent à 1,1 pour cent. Pour les prochains mois, la Bundesbank s’attend à une baisse du taux d'inflation en raison d’une augmentation plus lente des prix de l’énergie et des denrées alimentaires.

Après le fléchissement au troisième trimestre, les spécialistes de la Bundesbank prévoient que l’économie allemande reprendra le chemin de l’expansion d’ici à la fin de l’année. Ils tablent sur une normalisation de la situation dans le domaine de la production et de l’exportation de véhicules. « Par ailleurs, la consommation des ménages devrait retrouver son rôle d'important moteur conjoncturel », écrivent les experts de la Bundesbank.