Bateau de charge dans un port à conteneurs

La reprise économique freinée en fin d’année

La reprise économique en Allemagne a stagné au dernier trimestre de l’année 2020, écrit la Deutsche Bundesbank dans son récent Rapport mensuel. Cela serait dû à une recrudescence des infections et au renforcement des mesures prises pour endiguer la pandémie. La stagnation aurait surtout affecté les services à forte intensité de contacts, comme l’hôtellerie et la restauration, le commerce de détail traditionnel et les services liés aux loisirs et à la culture. En revanche, les domaines qui n’étaient pas directement touchés par les mesures, tels que l’industrie, auraient poursuivi leur redressement. Le secteur de la construction aurait lui aussi pu augmenter sa production. Au total, l’activité économique se serait cependant encore située à presque 4 pour cent en dessous du niveau d’avant-crise du quatrième trimestre 2019, peut-on lire dans le Rapport.

Nette augmentation des exportations de biens

Grâce à la poursuite de la reprise du commerce mondial, les exportations de biens allemands, corrigées des variations de prix, auraient fortement augmenté au quatrième trimestre, écrit la Bundesbank. Dans ce contexte, le volume des livraisons vers des pays tiers en dehors de la zone euro aurait nettement dépassé celui des livraisons vers les pays de l’Union monétaire. Notamment la valeur des livraisons vers le Japon, les États de l’OPEP, les États-Unis et la Chine aurait nettement progressé. Classées selon des groupes de produits, les exportations de biens intermédiaires auraient, d’après les données disponibles jusqu’en novembre, enregistré hors inflation une hausse particulièrement importante. Mais les exportations de biens d’équipement, notamment d’automobiles, auraient elles aussi considérablement augmenté. Les exportations de biens de consommation se seraient également redressées. Les importations de marchandises ont elles aussi fortement progressé au quatrième trimestre. Ce redressement aurait été encore plus marqué pour les biens importés de pays tiers en dehors de la zone euro que pour les importations en provenance de cette zone.

Hausse significative du taux d'inflation en janvier

Selon le Rapport, le taux d’inflation a considérablement diminué dans la moyenne de l’année 2020 de 1,4 pour cent à 0,4 pour cent par rapport à l’année précédente. La baisse temporaire du taux de TVA aurait fait baisser le renchérissement, tout comme les prix de l’énergie, qui avaient nettement chuté au début de l’année 2020. En même temps, les prix des produits alimentaires auraient progressé plus fortement que l’année précédente. En janvier 2021, le taux d'inflation aurait connu une hausse particulièrement prononcée de ‑0,7 pour cent en décembre à 1,6 pour cent. « La hausse était ainsi encore plus marquée que l’on aurait pu le prévoir en raison de la réintroduction des taux de TVA ordinaires et des mesures du paquet climat», écrivent les experts. Cela s’expliquerait par des adaptations des pondérations des dépenses utilisées pour l'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH). En raison de modifications de la structure des dépenses des ménages au cours de la pandémie du coronavirus, ces adaptations auraient été sensiblement plus importantes que d’habitude.

Reprise du redressement prévue au printemps

Les experts prévoient que l’activité macroéconomique reculera de manière significative au premier trimestre 2021 en raison des restrictions plus strictes et plus durables.

Ils ne s’attendent toutefois pas à ce que l’activité économique retombe au niveau observé durant la période de confinement au printemps de l’année passée. Cela serait dû, d’une part, au fait que de nombreux domaines peu touchés directement par les mesures d’endiguement, tels que l’industrie, poursuivaient leur redressement. D’autre part, les domaines fortement concernés, comme l’hôtellerie et la restauration ou le commerce de détail, s’adapteraient de plus en plus aux conditions liées à la pandémie.

Il pourrait toutefois y avoir des pénuries d’approvisionnement de certains biens intermédiaires en raison de fermetures de frontières ou de contrôles renforcés aux frontières. « Mais avec une baisse du nombre d’infections, la disponibilité élargie de vaccins et des assouplissements successifs des mesures d’endiguement, les facteurs de ralentissement actuels devraient peu à peu disparaître ». L’économie devrait ainsi retrouver le chemin de la reprise à partir du printemps, peut-on lire dans le Rapport. Les perspectives ultérieures resteraient toutefois étroitement liées à l’évolution de la pandémie, un risque de nouveaux reculs émanant en particulier de mutations du virus.