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Rapport mensuel : L’inégalité du patrimoine en Allemagne s’est légèrement réduite, mais demeure à un niveau élevé

Les experts de la Bundesbank ont élaboré un nouveau jeu de données provisoire permettant d’étudier sans délai et dans un rythme trimestriel l’évolution du patrimoine et de l’endettement au niveau d’un échantillon de ménages en Allemagne. Il en ressort que l’inégalité du patrimoine s’est légèrement réduite entre 2009 et 2021, mais qu’elle demeure au total à un niveau élevé. « Alors que dans la période considérée, les premiers 10 pour cent de la répartition du patrimoine net détenaient plus de 50 pour cent du patrimoine net total des ménages en Allemagne, la part de la moitié inférieure de la répartition du patrimoine était très faible, avec en moyenne 0,6 pour cent », peut-on lire dans le Rapport mensuel actuel. La part des 50 pour cent des ménages ne disposant que d’une faible proportion du patrimoine net total aurait toutefois augmenté de 0,2 pour cent en 2009 à plus de 1,2 pour cent en 2021. Le léger recul de l’inégalité du patrimoine serait dû au fait que la fortune nette de la moitié inférieure de la répartition du patrimoine aurait fortement augmenté, même si ce n’était qu’à partir d’un faible niveau. De plus, son taux d’endettement se serait sensiblement réduit. En même temps, la partie supérieure du milieu de la répartition aurait largement profité d’une hausse de la valeur de leurs biens immobiliers.

Le nouveau jeu de données relie les statistiques existantes

Pour leur analyse, les experts ont recours à un nouveau jeu de données provisoire qui relie l’enquête sur les finances des ménages menée par la Bundesbank (Private Haushalte und ihre FinanzenPHF) avec les bilans patrimoniaux macroéconomiques. Cela donne lieu à un bilan patrimonial basé sur la répartition, qui se caractérise par le fait qu’il combine les informations ayant trait à la répartition de manière cohérente avec les statistiques macroéconomiques et les met à disposition sur une base trimestrielle. Cela permettrait finalement de réaliser rapidement des analyses détaillées au niveau des différents ménages. « Il est ainsi possible de faire des constatations sur l’évolution du patrimoine et de l’endettement le long de la répartition du patrimoine. »

Les ménages plus fortunés profitent de rendements élevés

L’analyse publiée dans le Rapport mensuel fait également apparaître que la structure patrimoniale des ménages en Allemagne diffère fortement d’un cas à l’autre. Ainsi, le patrimoine de la moitié inférieure de la répartition du patrimoine serait surtout constitué de placements à faible risque tels que les dépôts. Ces formes de placement liquides serviraient aux ménages de tampon par exemple en cas de fluctuations de revenus imprévues, ce qui leur permettrait de moins restreindre leur consommation. Cependant, le patrimoine des ménages dans la moitié supérieure comprend, selon les indications, nettement plus de titres ainsi que, notamment, des biens immobiliers et des patrimoines de l’exploitation.

Cela se répercuterait aussi sur le montant du rendement de l’ensemble du patrimoine. « Étant donné que notamment le patrimoine immobilier a enregistré avec les actions un rendement élevé, le rendement réel du patrimoine s’est révélé en moyenne des années 2009 jusqu’au début 2022 nettement plus important dans la moitié supérieure que dans la moitié inférieure », écrivent les économistes.

La baisse des rendements en raison du taux d’inflation actuellement élevé se manifesterait surtout dans la partie inférieure de la répartition du patrimoine. « Par rapport aux autres ménages, l’ensemble du patrimoine de ces ménages est principalement constitué de dépôts à faible rendement. Dans cette mesure, des taux d'inflation élevés entraînent dans cette catégorie plutôt des rendements réels négatifs », peut-on lire dans le Rapport. En même temps, les experts de la Bundesbank font observer qu’en raison des faibles taux d’intérêt, la charge d’intérêt pour des dettes telles que les crédits immobiliers ont également baissé, ce qui devrait avoir entraîné un allégement pour les ménages endettés. Toutefois, environ 20 pour cent des ménages en Allemagne, qui figurent pratiquement tous dans la moitié inférieure de la répartition du patrimoine, n’auraient pas de dettes et détiendraient en grande partie uniquement des actifs à faible rendement, peut-on lire dans le Rapport. Par conséquent, ces ménages n’auraient pas pu profiter de taux débiteurs réels plus faibles. C'est pourquoi l’inflation actuellement élevée grèverait surtout les petits patrimoines de ces ménages sous forme de rendements réels nettement négatifs.

Pertinence pour la politique monétaire

Dans le contexte de la relation entre la politique monétaire et l’inégalité du patrimoine, le jeu de données devrait à l’avenir gagner en pertinence également en matière de politique monétaire, écrivent les experts dans le Rapport mensuel. Ainsi, l’efficacité des mesures de politique monétaire et économique dépendrait entre autres de la répartition et de la structure du patrimoine. Des restrictions de bilan pourraient également influencer l’effet des mesures de politique monétaire. « Dans l’évaluation de l’effet de mesures de politique monétaire, il devrait donc être généralement utile de tenir compte des différences financières entre les ménages », écrivent les experts de la Bundesbank. « Dans ce contexte en particulier, la future mise à disposition d’un bilan patrimonial basé sur la répartition semble d’un intérêt particulier pour une banque centrale. »