Jens Weidmann et Olaf Scholz à l’occasion d’une conférence de presse commune

Weidmann atténue les inquiétudes dues aux conflits commerciaux

Du point de vue du président de la Deutsche Bundesbank, Jens Weidmann, l’incertitude liée aux conflits commerciaux, notamment entre les États-Unis et la Chine, n’aurait jusqu’à présent pas d'impact majeur sur l’économie mondiale. « En particulier dans les États européens, la légère diminution de la croissance devrait plutôt être imputable à un retour à la normale qu’à un premier dommage collatéral des conflits commerciaux », a-t-il déclaré à l’occasion d’une conférence de presse commune avec le ministre fédéral des Finances, Olaf Scholz, tenue en marge de la réunion annuelle du Fonds monétaire international (FMI) à Bali.

En même temps, M. Weidmann a souligné que les mesures de restrictions commerciales prises à ce jour devraient toutefois avoir un impact négatif sur l’économie réelle. Il s'est référé à une étude de la Bundesbank selon laquelle les surtaxes déjà mises en œuvre et annoncées entre les États-Unis et la Chine devraient à elles seules entraîner une baisse d’un pour cent du commerce mondial. « Nous ne pouvons pas nous attendre à être les bénéficiaires de ce conflit commercial », a précisé M. Weidmann.

Les risques à la baisse prédominent

Dans ses Perspectives de l’économie mondiale qui viennent de paraître, le FMI prévoit qu’à l’échelle mondiale, le produit intérieur brut réel augmentera cette année et l’année prochaine respectivement de 3,7 pour cent. Les prévisions par rapport à juillet auraient été légèrement revues à la baisse notamment en raison des corrections de trajectoire pour certains pays émergeants, en premier lieu l’Argentine et la Turquie. Mais les  problèmes de ces pays seraient « au fond internes », a indiqué M. Weidmann. Toutefois, le retour à la normale en matière de politique monétaire aux États-Unis aurait dans l’ensemble rendu plus difficiles les conditions de financement des pays émergeants. « Tout comme le FMI, la Bundesbank part du principe que les risques de détérioration de l’économie mondiale prédominent », a ajouté M. Weidmann.

Risques pour une garantie commune des dépôts

À propos de l’Italie, M. Weidmann a mis en garde contre une forte exposition des banques italiennes en raison de l’importante proportion de titres du secteur public dans leurs bilans. « Nous constatons que les bilans des banques en Italie comportent ces derniers temps plutôt davantage que moins de titres du secteur public », a-t-il indiqué.

Si une garantie commune des dépôts devait être introduite en Europe, il y aurait selon M. Weidmann le risque que cet instrument serve également à assumer la responsabilité en cas de défaut d’un État. Pour disposer d’une base pour une garantie commune des dépôts, il conviendrait donc de s’occuper non seulement des crédits douteux dans les bilans bancaires, mais aussi des risques émanant des États. M. Weidmann a proposé de mettre fin au traitement privilégié des titres d'emprunt d'État, donc d'arrêter d’exempter les banques de l’obligation de maintenir un coussin de fonds propres pour de tels crédits aux États.