Jens Weidmann lors d’un discours tenu à la réception donnée par la Bundesbank dans la capitale, à Berlin ©Nils Thies

Weidmann : saisir les opportunités de la transformation digitale

Le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, s’est prononcé en faveur d’une consolidation des forces de croissance et de la productivité en Europe. Mais cela est le rôle de la politique économique, a déclaré Weidmann lors d’un discours tenu à la réception donnée par la Bundesbank dans la capitale, à Berlin. Il importe surtout de saisir les opportunités offertes par la transformation digitale : « par une infrastructure adaptée, la formation et enfin par des conditions cadre d‘économie de marché comme par exemple un droit de la concurrence moderne », a déclaré Weidmann. Dans ce cadre, il a qualifié la « Commission droit de la concurrence 4.0 » mise en place par le ministère fédéral de l’Economie, d’initiative importante.

Weidmann voit une marge de manœuvre supplémentaire pour augmenter la productivité, dans la réglementation rigide des honoraires dans les professions libérales. Par ailleurs, il a mis en garde contre des tendances au rejet face à des investissements étrangers qui pourraient plutôt réduire le dynamisme économique que l’encourager.

La démographie menace la croissance à long terme

Il faut voir que la transformation démographique freine la croissance à long terme, a poursuivi  Weidmann. Le vieillissement de la population réduit le nombre des actifs potentiels et implique de lourdes charges pour les systèmes de protection sociale et le budget de l’état. Pour limiter les effets démographiques sur l’assurance retraite obligatoire, Weidmann a préconisé comme instrument de réglage possible l’âge légal de départ à la retraite. L’espérance de vie augmente continuellement et implique un prolongement des années de retraite pour des périodes de cotisation qui demeurent constantes. « Elever l’âge de la retraite au-delà de 67 ans, semble s’imposer », a t-il ajouté. Les études prouvent qu’une plus longue espérance de vie va de pair avec une meilleure santé, a expliqué Weidmann.

Critique justifiée à l’adresse de l’Italie

Dans le cadre de la normalisation nécessaire de la politique monétaire, les taux vont remonter, a affirmé le président de la Bundesbank dans son discours. Cela va peser sur les pays ayant une énorme dette. Dans ce contexte, Weidmann a fait allusion au taux d’endettement très élevé de l’Italie qui dépasse depuis des années les 130 pourcent de la performance économique. Pour l’année prochaine, l’Italie a annoncé qu’elle augmenterait le ratio de déficit à 2,4 pourcent. Weidmann a mis en garde contre les conséquences d’une telle évolution : « Le solde structurel pourrait se détériorer très sensiblement et le niveau d’endettement élevé ne diminuerait que de façon minime. » La Commission européenne a fait des commentaires très critiques à propos des récents projets de budget italien et des infractions aux règles qu’il présente, a ajouté Weidmann.

Echange sur des sujets de banques centrales

La réception offerte par la Bundesbank dans la capitale a pour objectif de renforcer le dialogue sur des sujets de banques centrales dans la capitale et offre à ceux qui s’y intéressent dans l’univers politique de la capitale, l’occasion d’élargir leur réseau relationnel. Parmi les 250 invités, on notait aussi bien des membres de la commission des finances et du budget du Bundestag que des représentants des différents ministères, du monde de la science et des associations.