Prométhée et Epiméthée à l’ère digitale Ouverture du symposium de la Bundesbank « Opérations de paiement et de règlement de titres en Allemagne en 2019 »

29.05.2019 | Frankfurt am Main | Jens Weidmann DE EN

1 Bienvenue

Cher Monsieur Balz,

Mesdames, Messieurs,

C’est pour moi un grand plaisir d’ouvrir le symposium de la Deutsche Bundesbank sur les opérations de paiement et de vous souhaiter – comme il y a deux ans – la bienvenue à tous.

Chers invités, c’est vous surtout qui contribuez à cette atmosphère qui est maintenant familière. Je vois de nombreux visages connus, parmi eux celui de Monsieur Thiele, dont Monsieur Balz a pris la succession au Directoire de la Bundesbank, et celui d’Yves Mersch. Cher Yves, merci d’être de nouveau parmi nous pour représenter Sabine Lautenschläger, en dépit de tes nouvelles attributions. Cette année encore, Monsieur Otto nous guidera au cours du programme – souverain comme d’habitude dans sa modération.

Les opérations de paiement et de règlement de titres font partie des secteurs qui sont actuellement particulièrement marqués par la transformation technologique. Ce n’est donc pas un hasard si le sujet se trouve au cœur de notre symposium. On dit qu’Albert Einstein s’est déjà exprimé à propos du rythme vertigineux du progrès : c’est pendant que quelqu’un déclare une chose purement irréalisable qu’il aurait été interrompu par celui qui venait de réaliser cette chose.

Toute technique a ses origines dans une figure mythique, du moins si l’on en croit les légendes de la Grèce antique. Le Titan Prométhée déroba le feu aux dieux et l’apporta aux hommes. Par ce geste, il ne leur offrit pas seulement chaleur, lumière et protection contre les animaux sauvages, mais également la clé du progrès technologique – comme par exemple la forge d’outils.

Le dieu suprême Zeus l’en punit de manière cruelle : attaché dans le désert du Caucase, un aigle lui dévorait chaque jour le foie qui repoussait la nuit. Pourtant cela ne suffit pas à Zeus. Il envoya la très belle Pandore punir aussi les êtres humains. Prométhée avait averti son frère Epiméthée de n’accepter aucun cadeau de Zeus. Mais Epiméthée n’en tint pas compte et prit Pandore pour épouse. Les dieux avaient donné à Pandore une boîte remplie de tous les maux. Par pure curiosité, Pandore ouvrit la boîte : tout le mal en sortit et se répandit sur l’humanité.

Le mythe met bien en relief comment le progrès peut à la fois être bénédiction et malédiction. Ou en termes moins épiques : il renferme opportunités et risques. Le mythe présente également différentes approches : Prométhée est en grec « celui qui réfléchit avant » et Epiméthée « celui qui réfléchit après coup ».

2 Les possibilités offertes par les nouvelles technologies

2.1 Crypto-tokens et blockchain

Mesdames, Messieurs, les crypto-tokens renferment aussi d’importants risques pour les investisseurs financiers.[1] A l’époque de notre dernier symposium, le battage médiatique autour de Bitcoin & Co. prenait de l’ampleur. Jusqu’en décembre 2017, le cours du bitcoin a grimpé pour atteindre sa plus haute valeur de plus de 19 000 dollars américains. La joie que procuraient ces valeurs records sans cesse dépassées n’a pas été de longue durée : un an plus tard, le bitcoin valait de nouveau moins de 4 000 dollars. Un rapport actuel de la BCE taxe ce type de crypto-tokens de hautement spéculatif en raison de la forte volatilité des prix.[2]

En tout cas, ils ne remplissent pas les fonctions centrales de l’argent dans une économie nationale. Car face aux fluctuations de cours, les crypto-tokens ne sont faits ni pour préserver la valeur de manière fiable, ni pour servir d’unité de compte. Ils ne sont que rarement utilisés comme instruments d’échange, car les coûts des transactions sont souvent élevés et leur traitement prend en comparaison beaucoup de temps. Le grand besoin énergétique est aussi un facteur : selon nos estimations, une transaction en bitcoin nécessitait, au début de l’année dernière, plus de 400 000 fois plus de courant qu’un virement normal. Selon une étude de la BRI, publiée en janvier 2019, pas une seule des 63 banques centrales interrogées n’avait, dans son pays respectif, d’utilisation notable des crypto-tokens.[3] Toutefois la technologie sous-jacente aux crypto-tokens, la technologie des grands livres distribués, demeure intéressante.

Il y a deux ans déjà, je vous avais présenté, lors de cette manifestation, le projet commun de blockchain de la Bundesbank et de la Deutsche Börse pour le règlement des opérations sur titres. Aujourd’hui, je peux vous faire part des progrès réalisés. A l’automne dernier, nous avons achevé les tests pour un prototype de blockchain développé en commun. Le résultat a montré que les différentes variantes examinées pouvaient en principe être utilisées sur de gros volumes. Toutefois, si l’on compare avec les systèmes utilisés actuellement, les solutions blockchain n’ont pas donné de meilleurs résultats dans tous les domaines. Le déroulement a parfois duré un peu plus longtemps et a généré des coûts d’équipement informatique relativement importants.

Des expériences similaires ont sans doute été faites dans d’autres domaines du secteur financier. Malgré de nombreux tests de prototypes basés sur blockchain, cette technologie n’a, à ce jour, pas vraiment réussi à percer en tant qu’application. La nouvelle technologie est prometteuse pour l’avenir, mais doit encore être développée pour être mise en pratique.

2.2 Monnaie numérique créée par les banques centrales

Mesdames, Messieurs, lorsqu’il s’agit de payer aujourd’hui, au quotidien, nous, Allemands, préférons toujours le liquide. D’après une étude de la Bundesbank, 74 % des paiements enregistrés au cours de l’été 2017 ont été effectués en liquide. Si l’on compare à 2014, cela représente un recul de cinq points de pourcentage. En contrepartie, la part des cartes de débit dans les transactions a augmenté. Par ailleurs, de plus en plus de titulaires de cartes constatent comme il est agréable et rapide de payer sans contact.

Dans le cadre des nouveautés techniques et d’une popularité croissante des paiements scripturaux, les banques centrales étudient maintenant la question d’une monnaie centrale numérique. C’est la Suède qui, en comparaison, y porte une attention soutenue, car dans ce pays l’utilisation de l’argent liquide a fortement diminué.[4] Selon les données de la Riksbank, seulement 13 % des personnes interrogées ont payé en 2018 leurs achats en liquide, en 2010 il y en avait encore 39 %. Cela démontre qu’à partir d’un certain point, l’utilisation de l’argent liquide diminue nettement plus vite, ce qui s’explique par les effets de réseau qui s’amenuisent.

Parfois les consommateurs en Suède ne peuvent même plus payer avec des billets et pièces de monnaie : qui par exemple veut visiter le Musée ABBA très populaire à Stockholm doit payer le billet d’entrée de 250 couronnes par carte ou smartphone. Mais cela ne s’arrête pas là : dans de nombreuses églises suédoises, on trouve maintenant ce qu’on appelle des « automates de collecte » – une sorte de panier pour la quête avec un lecteur de cartes.

Le projet « e-krona » de la banque centrale suédoise a pour objectif d’étudier s’il est possible de mettre à disposition des non-banques une alternative de paiement numérique en monnaie de banque centrale sûre. Dans un premier temps, on renoncera à l’utilisation de la technologie des grands livres distribués (distributed ledger technology – DLT) pour manque d’efficacité. La Riksbank n’a pas encore pris de décision quant à l’introduction ou non de la « e-krona ». Le deuxième rapport sur le projet publié en octobre dernier recommande comme prochaine étape entre autres un programme pilote pour développer des solutions techniques possibles.

L’introduction d’une monnaie numérique des banques centrales doit avant tout être le résultat d’une sérieuse réflexion.[5] Le manque de considération dont Epiméthée et Pandore ont fait preuve nous exhorte à être prudents. Une monnaie numérique créée par la banque centrale et destinée à un large cercle d’utilisateurs pourrait – en fonction de sa conception – avoir de graves effets : en premier lieu sur le système bancaire, car une monnaie numérique créée par la banque centrale à l’usage de tout le monde pourrait transformer de manière fondamentale les modèles de gestion des banques et l’intermédiation sur les marchés financiers. En second lieu, la demande en monnaie centrale numérique pourrait être plus importante et volatile que celle en monnaie fiduciaire, avec des effets correspondants sur le bilan de la banque centrale. En troisième lieu, en cas de crise, la stabilité financière serait plus menacée que de nos jours, du fait que la monnaie centrale numérique offrirait une alternative de placement supplémentaire, très liquide et sûre. C’est pourquoi tant une « fuite vers la sécurité » en général qu’une ruée bancaire en particulier se pourrait produire plus rapidement et dans une plus ample mesure que dans le passé.

Mesdames et Messieurs, il ne faut pas faire fi par insouciance de ces objections. C’est aussi une raison pour laquelle récemment la BRI, la banque centrale des banques centrales, s’est exprimée de manière plutôt critique. De toute façon, je nous vois – en tant que banques centrales – dans l’obligation d’offrir à nos citoyens et citoyennes des moyens de paiement modernes, rapides et compatibles avec l’Internet. Il s’agit de développer des solutions à l’avantage des consommateurs dans l’esprit du temps ainsi que de la technologie, sans pour autant prendre des risques inutiles pour la stabilité financière.

2.3 TARGET Instant Payment Settlement (TIPS)

Cela m’amène aux paiements instantanés : la progression de la digitalisation implique une communication croissante en temps réel, par exemple par des services de messagerie basés sur des applications. Musique, films et autres prestations reproduites de manière digitale sont également mis à disposition quasiment en temps réel. Et de la même manière, on doit pouvoir payer en temps réel. Cela fonctionne pour les opérations de paiement depuis un peu moins de deux ans sur une large base par les paiements instantanés SEPA.

Pour traiter ces paiements, l’Eurosystème a mis en place avec TARGET Instant Payments Settlement – en abrégé TIPS – en novembre dernier un service qui permet d’effectuer dans toute l’Europe des paiements en temps réel, qui sont réglés directement en monnaie de banque centrale. Cela est possible tous les jours, 24 heures sur 24. En 10 secondes maximum l’argent est crédité au destinataire qui peut en disposer immédiatement.

Les paiements instantanés sont conçus en général pour encourager les innovations et apporter une valeur ajoutée à l’utilisateur final. Mais ce qui est aussi important est de lutter contre une fragmentation des opérations de paiement en Europe. L’Eurosystème complète maintenant avec son savoir-faire et en tant qu’acteur neutre sur le marché les infrastructures privées et organisées le plus souvent au niveau national, pour les paiements en temps réel sur une base paneuropéenne.  

Jusqu’à présent, les banques utilisaient les paiements instantanés avec une certaine réticence. En effet, l’expérience prouve que de tels systèmes nécessitent du temps pour s’imposer. Pourtant il serait souhaitable d’atteindre plus rapidement la taille critique pour les paiements instantanés. A moyen terme, les systèmes de paiements en temps réel devraient devenir la règle à l’intérieur de l’Europe. Je vois également un potentiel si l’on pose des jalons au-delà des frontières de l’Europe vers d’autres systèmes internationaux, car ces paiements en particulier sont encore comparativement lents et onéreux.

L’implémentation des paiements instantanés implique toutefois aussi défis et investissements supplémentaires. Dans le cas des paiements en temps réel, ce sont notamment les exigences en termes de détection des fraudes qui augmentent pour les banques.

3 Cybersécurité

Au-delà des paiements en temps réel, le transfert d’activités vers le cyberespace implique une importance croissante de sa sécurité. La Bundesbank fait fonctionner des infrastructures critiques d’importance internationale et gère des données extrêmement sensibles. Une panne des systèmes de la banque centrale pourrait en fin de compte mettre en danger la stabilité financière. La cybersécurité a pour nous une très grande priorité.

En de nombreux points du cyberespace, des criminels pensent avoir détecté leur chance et il faut agir avec lucidité et vigilance pour toujours les devancer d’un pas. Car les attaques sont de plus en plus fréquentes, complexes, raffinées et organisées.

La Bundesbank est aussi dans la ligne de mire. En 2018, nous avons enregistré 7,3 millions d’accès à des sites Internet et des e-mails avec un code malveillant que nous avons dû bloquer au niveau interne, ainsi que 3,1 millions de tentatives d’accès illégitimes à nos applications qui ont été stoppées. Notre équipe interne d’experts (Computer Emergency Response Team, CERT) a analysé presque 6 600 incidents l’année dernière.

Le fait que Prométhée réussisse à dérober le feu prouve que les mesures de protection n‘étaient pas suffisantes. Le fait qu’Epiméthée fasse fi de la mise en garde de son frère en fait le point faible du système par lequel les attaquants y trouvent un accès.

Les mesures de protection contre les cyberattaques sont cyber-hygiène et cyber-résilience. Comme quand on se lave les dents ou les mains dans le domaine médical, pour la cyber-hygiène il s’agit de prévoir – soit de « sensibiliser » les employés aux négligences, mais aussi aux tentatives de faire pression ou de faire peur par des menaces. Pensez par exemple aux cas de « fraude au CEO », qui signifie « fraude par l’intermédiaire du dirigeant ». Par ce truc, les employés dans une entreprise sont soumis à une énorme pression pour qu’ils suivent immédiatement des directives qui seraient venues de „tout en haut“ et par exemple transfèrent de grosses sommes d’argent sur des comptes à l’étranger. De cette manière, un équipementier automobile aurait subi un préjudice de 40 millions d’euros.

Cyber-résilience signifie capacité de résistance du système aux cyberattaques. Cela implique entre autres une protection spéciale de ce qu’on appelle les « joyaux de la couronne ». Ici il faut d’abord identifier les plus grands trésors ou les actifs critiques. Je ne vous dévoilerai aucun secret en vous disant que les systèmes de paiement font partie des joyaux de la couronne de la Bundesbank.

Ce que l’on désigne comme „red teaming“ ou équipe rouge a pour but de faire apparaître les failles – ce que l’on appelle aussi « piratage éthique ». Il s’agit d’attaques simulées par un groupe de spécialistes, « l’équipe rouge », qui utilise la manière de procéder des pirates. Le but est de pénétrer au centre du système. C’est ce que l’équipe de défense doit empêcher. En font partie en tout premier lieu les experts IT de l’institution elle-même, mais en fin de compte tous les collaborateurs de l’institution qui se soumet à cet exercice. En fait il y a de nombreuses portes d’accès potentielles. Un attaquant peut se déguiser en laveur de vitres pour obtenir des informations ou se faisant passer pour un chasseur de têtes envoyer des mails infectés.

Avec le cadre européen de tests pour un cyber-piratage éthique fondé sur les renseignements sur les menaces (European Framework for Threat Intelligence Based Red Teaming – en abrégé TIBER-EU), les banques centrales du SEBC ont élaboré un cadre uniforme qui a été publié en mai dernier. Il est prévu pour assister les entreprises du secteur financier à atteindre la plus forte résistance aux cyberattaques grâce aux tests contrôlés. Les autorités nationales peuvent implémenter TIBER-EU sur une base facultative.

A mon avis, la mise en place de ce cadre en Allemagne serait une mesure utile pour renforcer la résilience des entreprises du secteur financier aux cyberattaques. La Bundesbank est en contact avec d’autres administrations, afin de trouver une approche adéquate pour l’implémentation de ce cadre.

4 Renforcer l’Europe

Mesdames, Messieurs, on peut considérer Prométhée comme le fondateur de notre culture dans la nuit des temps. Toutefois la première pierre de l’unification européenne a été posée, il y a juste 70 ans, par le ministre des Affaires étrangères français de l’époque, Robert Schuman, dans sa célèbre déclaration. Depuis on a beaucoup avancé. Notre marché commun intérieur est une vraie réussite. Il offre aux consommateurs un plus grand choix de produits à des prix plus bas et la performance économique de l’UE a très nettement augmenté – selon des études récentes d’environ 2,5 % à 4,5 %.[6]

Notre monnaie commune s’est avérée stable. Au cours des deux dernières décennies, l’augmentation moyenne des prix dans la zone euro s’est chiffrée à 1,7 %. Le soutien de la population à l’euro est par conséquent important. Une enquête révèle que ce soutien a atteint un nouveau record : trois quarts des personnes interrogées, dans la zone euro, sont pour la monnaie commune, en Allemagne ce sont même 81 %.[7]

Et il y a toujours des secteurs dans lesquels une Europe encore mieux intégrée promettrait une valeur ajoutée aux citoyens. Un de ces secteurs est l’union des marchés des capitaux.

Un marché commun des capitaux européen encouragerait tant les investissements transfrontaliers que le partage privé des risques. Par le biais de ces canaux, les facteurs de croissance pourraient être renforcés et les chocs économiques mieux amortis. Les États-Unis sont un bon exemple pour cette fonction d’amortisseur. Leur marché des capitaux intégré repousse presque la moitié du poids d’un choc au-delà des frontières des États fédérés – ce qui est nettement plus que ce que les transferts budgétaires assument. Dans la zone euro par contre, seul un dixième du choc est amorti par un tel partage privé des risques.[8]

Harmoniser davantage les prescriptions nationales existantes serait une mesure susceptible de faire avancer l’union des marchés des capitaux. Dans ce cadre, une harmonisation globale de certains domaines du droit, tel que le droit de la faillite, pourrait faire difficulté. On aurait déjà beaucoup atteint si l’on trouvait une solution à des points spécifiques.

La Commission européenne, par exemple, a soumis un projet pour accélérer l’exécution extrajudiciaire des garanties. Des normes européennes minimum dans ce domaine pourraient aider, à l’avenir, à éliminer plus rapidement les crédits non performants dans les livres des banques.

Par contre, le traitement des crypto-tokens et des levées de fonds en crypto-monnaies (ICOs) constitue un domaine pour lequel une réglementation européenne uniforme serait a priori souhaitable dans le sens d’une union des marchés des capitaux. Ce ne sont que deux exemples de points de départ pour une plus grande intégration des marchés des capitaux en Europe.

5 Conclusion

Mesdames et Messieurs, les innovations technologiques renferment aussi bien opportunités que risques. Prométhée et Epiméthée ont illustré de manière impressionnante cette ambivalence du progrès et la manière d’y réagir.

Au cours des temps, le mythe a été raconté et interprété de manière différente. Pour Platon, il était important que les hommes soient en mesure de construire des villes grâce aux techniques et enseignements de Prométhée. Pourtant ils n’étaient pas capables d’y vivre durablement. Il manquait encore les capacités de convivialité et d’organisation d’une communauté. Ce sont les dieux qui ont fait ce don aux hommes - à tous les hommes.[9]

Compréhension et collaboration sont des valeurs essentielles, non seulement lorsqu’il en va de façonner la transformation technologique de manière responsable. Elles sont essentielles pour nous aussi, pour renforcer ensemble l’Europe.

Je vous souhaite un symposium intéressant. Je vous remercie de votre attention !

Notes de bas de page:

  1. Cf.. Deutsche Bundesbank (2019), Krypto-Token: aktuelle Entwicklungen und ihre Implikationen für die Finanzstabilität, Rapport de l’exercice 2018, p. 27-29.
  2. Cf. BCE, Crypto-Assets Task Force, Crypto-Assets: Implications for financial stability, monetary policy, and payments and market infrastructures, Occasional Paper Series, n° 223, mai 2019.
  3. Cf. BRI, Proceeding with caution – a survey on central bank digital currencies, BIS Papers, n° 101, janvier 2019.
  4. Cf. Riksbank, E-krona project, report 2, octobre 2018.
  5. f. BRI, Central bank digital currencies, report by the Committee on Payments and Market Infrastructures and the Markets Committee, mars 2018.
  6. Cf. G. Moin et D. Ponattu (2019), Ökonomische Effekte des EU-Binnenmarktes in Europas Ländern und Regionen, Fondation Bertelsmann; T. Mayer, V. Vicard et S. Zignago (2018), The cost of non-Europe, CEPII Working Paper; G. Felbermayr, J. K. Gröschl et I. Heiland (2018), Undoing Europe in a new quantitative trade model, Ifo Working Paper.
  7. Cf. Kantar Public (2018), Die öffentliche Meinung in der Europäischen Union, Standard-Eurobarometer 90.
  8. Cf. C. Alcidi, P. D’Imperio et G. Thirion, Risk-sharing and Consumption-smoothing Patterns in the US and the Euro Area: A comprehensive comparison, CEPS Working Document, n° 2017/04.
  9. Cf. H.-U. Nennen (2018), Der Mensch als Maß aller Dinge? Über Protagoras, Prometheus und die Büchse der Pandora, Zeitgeister 1, Hambourg.