Projections de la Bundesbank : l'économie allemande sort de sa phase de faiblesse

13.12.2019 | Deutsche Bundesbank DE EN

Selon les nouvelles projections de la Deutsche Bundesbank, l'économie allemande surmontera progressivement sa phase de faiblesse actuelle. Le produit intérieur brut réel (PIB) ne devrait augmenter l’an prochain, tout comme cette année déjà, que d’environ 0,5 pour cent après correction des effets de calendrier. Dans les années 2021 et 2022, la performance économique pourrait ensuite enregistrer une hausse sensiblement plus forte, à savoir de près de 1,5 pour cent. « L’embellie des perspectives économiques est principalement portée par les exportations ainsi que par le soutien notable de la politique financière et la politique monétaire très expansive », a déclaré le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, à l’occasion de la présentation des nouvelles projections macroéconomiques.

Les exportations atones depuis un certain temps déjà devraient, selon les experts de la Bundesbank, repartir à la hausse dans le courant de l’année prochaine, en adéquation avec la demande extérieure. « La conjoncture industrielle devrait elle aussi se rétablir et la dichotomie marquée de l’économie allemande devrait diminuer », a indiqué M. Weidmann. La croissance de l'économie allemande était dernièrement surtout portée par les secteurs orientés vers le marché domestique, alors que l’industrie exportatrice montrait des signes de faiblesse.

En revanche, la demande intérieure n’affichera plus, selon les projections, la même croissance dynamique que pendant la phase de haute conjoncture précédente. La Bundesbank estime que cela est dû au fait que la hausse des revenus disponibles réels des ménages sera moins prononcée qu’au cours des années précédentes notamment en raison de l’évolution nettement plus faible de l'emploi.

Les capacités de l'économie allemande dans son ensemble devraient l’an prochain connaître une utilisation plus ou moins moyenne et donc nettement moins importante qu’auparavant. La performance économique allemande devrait en outre enregistrer dans les années 2021 et 2022 une croissance correspondant à peu près à l’augmentation de la production potentielle, de manière à ce que l'économie allemande se situe toujours dans le corridor d’une sollicitation normale de ses capacités.

M. Weidmann a souligné qu’en ce qui concerne la croissance économique, les risques à la baisse étaient majoritaires. « Il existe toujours des sources de danger extérieures qui pourraient renforcer et prolonger le fléchissement de l’industrie » a-t-il motivé son avis.

Nouvelle hausse du taux d'inflation après une réduction passagère

En raison de la baisse des prix énergétiques, la hausse de l'inflation diminuera encore temporairement au cours de l’année prochaine. Après que le taux d'inflation a déjà sensiblement reculé cette année à 1,4 pour cent, les experts de la Bundesbank prévoient un taux de 1,3 pour cent pour l’année prochaine. Dans les années 2021 et 2022, le taux d’inflation devrait ensuite sensiblement augmenter pour atteindre 1,6 et 1,9 pour cent à cause du fait que le prix de l’énergie pourrait de nouveau enregistrer une hausse sensible en raison entre autres des mesures de politique climatique du gouvernement fédéral.

Compte tenu d’une augmentation robuste des salaires dans leur ensemble, d’une hausse des prix des produits importés et de marges bénéficiaires croissantes, le taux d'inflation hors énergie et produits alimentaires (inflation fondamentale) devrait probablement se maintenir au niveau actuel d’environ 1,5 pour cent. En 2022, il pourrait, selon les projections, légèrement augmenter à 1,6 pour cent.

Baisse de l’excédent budgétaire prévisible

L’excédent budgétaire fédéral devrait diminuer cette année à 1,5 pour cent du PIB. Pour les années à venir se dessine une diminution progressive de l’excédent, notamment en raison de la politique financière plus expansive et des hausses des dépenses qui y sont liées. Le ratio d’endettement (niveau d’endettement par rapport au PIB) continue sa baisse. Au plus tard en 2020, il devrait retomber en-dessous du plafond de 60 pour cent fixé par le Traité de Maastricht.