Nette hausse du bénéfice distribuable de la Bundesbank

28.02.2020 | Deutsche Bundesbank DE EN

En 2019, la Deutsche Bundesbank a engendré un excédent annuel de 5,8 milliards d'euros. Après adaptation des réserves, il en découle un bénéfice distribuable de 5,9 milliards d’euros, le plus élevé depuis 2008. L’an passé le bénéfice distribuable s’était établi à 2,4 milliards d'euros. La Bundesbank a versé la totalité du bénéfice au ministère fédéral des Finances. « La forte hausse de l’excédent annuel est principalement imputable à une plus faible provision pour risques », a déclaré le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, vendredi à l’occasion de la présentation des comptes annuels. Après que la Bundesbank avait encore augmenté sa provision pour risques dans les années 2016 à 2018, elle a pu l’abaisser, compte tenu de la diminution des risques, de 1,5 milliard d’euros à 16,4 milliards d'euros. M. Weidmann a indiqué que cela a été possible en raison de la diminution des risques de taux d’intérêt et d’un recul des risques de défaut, auxquels ont contribué les taux d’intérêt variables des nouvelles opérations de refinancement à plus long terme ciblées ainsi que les échéances de titres acquis dans le cadre du Programme pour les marchés de titres (SMP).

Des produits d'intérêts toujours élevés

La Bundesbank a continué à enregistrer d’important produits d’intérêts sur des dépôts à rémunération négative d’établissements de crédit et d’autres déposants allemands ou étrangers ainsi que sur leurs stocks de titres. Le produit net d’intérêts a toutefois légèrement baissé en 2019, surtout en raison de la baisse des produit d’intérêts de titres en portefeuille arrivés à échéance et issus des programmes d'achats SMP. Le produit d’intérêts net, principale composante du bénéfice, a reculé de 4,9 milliards d’euros à 4,6 milliards d’euros.

Légère baisse du total du bilan

Après le niveau record de 1 840 milliards d’euros à la fin de l’année 2018, le total du bilan de la Bundesbank s’est légèrement réduit à 1 780 milliards d’euros à la fin de l’année passée. « Le bilan 2019 s’est établi ainsi encore au deuxième plus haut niveau de l’histoire de la Bundesbank », a déclaré Johannes Beermann, membre du Directoire et responsable du contrôle et de la tenue des livres.

Le recul du total du bilan était principalement imputable, à l’actif du bilan, aux retours de liquidités vers des pays européens. Les créances TARGET2 ont ainsi enregistré une baisse de 71 milliards d’euros à 895 milliards d'euros, alors que le solde de l’année précédente s’était encore accru de 59 milliards d'euros à 966 milliards d'euros. Au passif du bilan ont principalement diminué les dépôts libellés en euros des déposants allemands et étrangers, qui ont baissé de 137 milliards d'euros à 272 milliards d'euros notamment en raison du recul des dépôts de banques centrales et commerciales étrangères.

D’importantes incertitudes pour l’économie allemande

Selon le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, les tensions commerciales ont créé l’an passé un climat d’incertitudes sur les marchés financiers. Même après la conclusion d’un premier accord dans le conflit commercial entre les États-Unis et la Chine, d’importantes incertitudes persisteraient pour l’économie allemande, par exemple en ce qui concerne le commerce international. À brève échéance, l’expansion du coronavirus représenterait un risque conjoncturel supplémentaire pour l’Allemagne. « D’après les informations actuelles, je m’attends à ce que ce risque se matérialise en partie », a déclaré M. Weidmann. L’étendue éventuelle de cet effet serait toutefois difficile d’évaluer de manière sérieuse à l’heure actuelle.

Au cours de cette année, le Conseil des gouverneurs de la BCE procède à une évaluation de sa stratégie de politique monétaire. Pour M. Weidmann, il s’agit principalement de savoir de quelle manière le Conseil des gouverneurs de la BCE peut au mieux remplir son mandat, à savoir « assurer la stabilité des prix pour les citoyens de la zone euro ». Dans le cadre de l’évaluation de la stratégie, le rôle des banques centrales en matière de protection du climat sera également étudié. « Les banques centrales peuvent et devraient faire davantage en matière de climat », a souligné M. Weidmann. Selon lui, les banques centrales devraient prendre en compte dans leur gestion des risques les risques financiers liés au changement climatique. Dans ce contexte pourraient également être examinées des mesures par lesquelles les banques centrales pourraient jouer un rôle de catalyseur en faveur d’un système financier plus « vert ». Il estime toutefois qu’une préférence aux achats de titres « verts » dans le cadre de la politique monétaire ne constitue pas la bonne solution.