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BRI : La politique monétaire ne doit pas être le principal moteur de la croissance

BRI : La politique monétaire ne doit pas être le principal moteur de la croissance

La Banque des règlements internationaux (BRI) indique dans son rapport économique annuel que les réformes structurelles, la politique financière et des mesures dites macroprudentielles devraient jouer un rôle plus important dans le but de générer une croissance durable. « La politique monétaire ne peut pas être le principal moteur de la croissance », peut-on lire dans le rapport de l’institution, également connue comme banque centrale des banques centrales. D’autres domaines politiques devraient également contribuer à assurer la dynamique à long terme de l’économie mondiale.

Des réformes structurelles visant à assurer une croissance durable

Selon les experts de la BRI, le ralentissement de la conjoncture mondiale en 2018 a été plus marqué qu’initialement prévu. Dans l’ensemble, l’économie mondiale aurait certes enregistré l’an passé, selon des estimations, une croissance de 3,7 pour cent. Mais notamment le commerce international et les investissements auraient reculé. À court terme, surtout la résilience du secteur tertiaire ainsi que la bonne situation sur le marché du travail auraient renforcé la croissance. «  La croissance de l’emploi et une forte hausse des salaires ont soutenu la consommation », écrivent les experts de la BRI au sujet de l’économie mondiale. Pour assurer à l’avenir une croissance durable, la BRI demande dans son rapport de renforcer les efforts en vue de réformes structurelles. La promotion d’investissements publics et des réformes fiscales constitueraient également des mesures appropriées.

« Les guerres commerciales ne connaissent pas de vainqueurs »

La BRI considère que les relations commerciales tendues et l’incertitude politique qui s’ensuit constituent un des principaux risques pour la croissance économique mondiale. « Les guerres commerciales ne connaissent pas de vainqueurs », a mis en garde le directeur général de la BRI, Augustín Carstens. Selon lui, les relations commerciales tendues réduisent non seulement les perspectives en matière de demande et d’investissement, mais mettent également en question la persistance des chaînes d’approvisionnement existantes, voire même l’avenir du système commercial mondial.

Par ailleurs, les évolutions dans certains pays inquiètent les économistes de la BRI. À ce titre, les experts citent l’endettement croissant de plusieurs pays, la faible profitabilité de certaines banques – notamment dans la zone euro – ainsi que le désendettement dans des économies émergentes comme la Chine. « Les mesures nécessaires pour limiter la croissance du crédit dans ces pays freinent l’activité économique », peut-on lire à ce sujet.

Les « big techs » pourraient devenir des monopoles numériques

Dans son rapport, la BRI se penche également sur le thème des « big techs », des grandes entreprises de technologie, parmi lesquelles figurent par exemple Amazon, Facebook et Alipay. D’une part, ces entreprises promettraient des gains en efficacité et pourraient améliorer l’inclusion financière, écrivent les experts. D’autre part, l’entrée de « big techs » sur le marché des services financiers créerait une nouvelle zone de tensions complexe entre la stabilité financière, la concurrence et la protection des données. « Compte tenu de leur dimension et de leur technologie, les « big techs » permettent de recueillir pratiquement sans frais des quantités énormes de données. Cela risque de donner naissance à des monopoles numériques », mettent en garde les experts de la BRI.